La baisse du «Scellier» et l'attentisme affectent le logement neuf

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Publié le 27 mars 2012.

IMMOBILIER - Le froid est aussi entré en ligne de compte...

Le coup de frein dans l'immobilier neuf se confirme en France, avec une brutale décélération des mises en chantier et des permis de construire, attribuée par les analystes à la réduction des avantages fiscaux et à l'attente de l'issue de l'élection présidentielle.

Des promoteurs incertains face à la conjoncture

Selon les chiffres dévoilés mardi par le ministère du Logement, le nombre de mises en chantier (98.917) a progressé de seulement 2,7% sur un an pour la période allant de décembre 2011 à février 2012, contre un rythme de 26,6% à la fin du mois précédent, a annoncé mardi le ministère du Logement. Le nombre de permis de construire (117.115) pour ces mêmes logements n'a pour sa part augmenté que de 8,5% sur la même période (contre 20,6%).

Au cours des douze derniers mois (mars 2011 à février 2012), le nombre de mises en chantier, avec 367.331, est en augmentation de 9,3% par rapport aux douze mois précédents, alors que le rythme de progression était encore de 19,7% fin janvier. Le nombre de permis de construire délivrés en douze mois a progressé de 12,6% à 464.651 unités, contre une hausse de 15,1% fin janvier. «Il y a eu un effet froid en février mais la baisse est surtout le fait de l'attentisme lié à l'élection présidentielle et à la baisse du Scellier», a commenté à l'AFP Mathilde Lemoine, directrice des études économiques de la banque HSBC France.

En 2012, pour sa dernière année, le taux du «Scellier», pour les investisseurs achetant des logements neufs pour les louer, a été de nouveau «raboté» à un taux de 13% (contre 22% en 2011), ce qui a incité de nombreux promoteurs, au vu aussi de la conjoncture économique, à fortement ralentir le lancement de nouveaux programmes et le dépôt de permis de construire.

«Les chiffres de la construction restent positifs et les incertitudes liées à la conjoncture ne pèsent donc réellement pour l'heure ni sur les anticipations des acteurs, ni sur l'activité du secteur de la construction de logements», affirme de son côté Benoist Apparu, ministre délégué au Logement.

S'agrandir plutôt que déménager

Deux nouvelles dispositions semblent également freiner les transactions, dans le neuf comme dans l'ancien. «La loi relative à la majoration de 30% des droits à construire ouvre de nouvelles opportunités aux propriétaires car elle vient s'ajouter à celle de la suppression des permis de construire pour les extensions jusqu'à 40 m²», souligne Laurent Demeure, président du réseau d'agences immobilières Coldwell Banker France.

«Dans ces conditions, des clients qui pensaient déménager pour acheter une maison plus grande, étudient actuellement très sérieusement la possibilité de s'agrandir», explique-t-il. Selon lui, «en termes de coût, le calcul est rapide et donne nettement l'avantage à l'agrandissement: outre le fait que l'on échappe, en cas de non-déménagement, aux frais de mutation, l'espoir d'une plus-value plus importante, à terme, est très attractive».

Pour l'ensemble de l'année 2012, Michel Mouillart, professeur d'économie à l'Université Paris-Ouest, table sur des mises en chantier comprises entre 345.000 et 350.000 (contre 378.561 en 2011), le plus bas niveau depuis 2004, à l'exception de la catastrophique année 2009 (299.913).

Aussi, inquiètes pour l'avenir et voulant peser sur la présidentielle, toutes les fédérations professionnelles du logement, fortes de leur poids économique (75 milliards d'euros et 858.000 emplois), ont décidé de s'unir pour réunir le 5 avril les principaux candidats à l'Elysée afin qu'ils disent comment ils comptent sur la construction de plus de logements neufs avec moins d'argent public.

Avec AFP
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