Vivendi voit deux années de turbulences, notamment pour SFR

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Publié le 1 mars 2012.

TELECOMS - Vivendi s'attend à traverser deux années de turbulences face aux pressions concurrentielles accrues sur le marché français de la téléphonie mobile, qui devraient peser sur les marges de sa filiale SFR...

Confronté à une guerre des prix déclenchée par l'arrivée de Free (groupe Iliad) dans le mobile, le groupe de télécoms et de divertissement va réduire son dividende et revoir l'organisation et les coûts du deuxième opérateur français SFR.

Vivendi plus prudent d’Orange

«2012 et 2013 seront des années plus difficiles que 2011. Il faudra attendre 2014 pour retrouver une belle croissance», a déclaré jeudi le président du directoire, Jean-Bernard Lévy, lors d'une conférence téléphonique. Le conglomérat table ainsi sur un résultat net ajusté de plus de 2,5 milliards d'euros en 2012, en repli par rapport aux 2,95 milliards dégagés en 2011, un résultat record pour Vivendi.

Il n'a pas fourni de prévision chiffrée pour l'année 2013 en précisant seulement qu'elle s'annonçait également difficile, adoptant ainsi un ton plus prudent que son concurrent France Télécom pour qui les difficultés devraient se concentrer en 2012 avant un possible rebond en 2013.

L'action Vivendi chutait de 7,51% en fin de matinée à la Bourse de Paris, ce qui en faisait de loin la plus forte baisse de l'indice CAC 40 (-0,27%), le marché sanctionnant la dégradation des perspectives du groupe en dépit de résultats 2011 jugés globalement conformes aux attentes.

La prévision de résultat net ajusté pour 2012 est inférieure d'environ 14% au consensus du marché qui ressortait à 2,9 milliards d'euros, soulignent les analystes d'UBS dans une note, en estimant que cette dégradation est liée pour les deux tiers à SFR et, pour le reste, à Maroc Telecom, un autre opérateur détenu par Vivendi également confronté à une concurrence accrue sur son principal marché.

Nouvelle donne dans le mobile

«Compte tenu de l'ampleur de la révision à la baisse, nous nous attendons à un recul marqué du titre en Bourse», disent-ils. Free Mobile a déboulé début janvier sur le marché de la téléphonie mobile avec deux offres à prix cassés, obligeant ses concurrents à baisser les tarifs d'une partie de leurs offres pour tenter de limiter l'exode de leurs abonnés. Vivendi anticipe pour 2012 un recul de 12% à 15% de l'Ebitda de SFR qui a perdu 200.000 clients dans le mobile sur les deux premiers mois de l'année, soit 1% de l'ensemble de son parc.

A titre de comparaison, Bouygues Telecom, filiale de Bouygues, a fait état de 159.000 pertes nettes de clients entre le début de l'année et le 15 février, ce qui représente 1,4% d'un total de 11,3 millions de clients, et annoncé un programme de 300 millions d'euros d'économies de coûts. France Télécom a quant à lui annoncé la perte de 201.000 clients mobiles, soit 0,7% de son parc, et a abaissé sa prévision de dividende pour 2012.

Des suppressions d’emplois dans les jeux vidéos en ligne seulement

A l'instar du premier opérateur français, Vivendi va adapter sa politique de dividende en ne versant plus qu'un euro par action en numéraire au titre de 2011 - contre 1,40 euro pour l'exercice 2010 - plus une action gratuite par 30 actions détenues. A partir de 2012, le groupe distribuera 45% à 55% du résultat net ajusté en cash, contre plus de 50% historiquement. Si la baisse du dividende de France Télécom avait été largement anticipée et n'a pas donné lieu à une sanction en Bourse, l'annonce de Vivendi surprend en revanche une partie du marché.

«Cela revient à rompre la promesse d'une hausse du dividende après le rachat des minoritaires de SFR», souligne Matthew Walker, analyste à Nomura, dans une note, en faisant référence au rachat l'an dernier des parts de Vodafone dans l'opérateur, désormais détenu à 100% par Vivendi. Prié de dire si le groupe pourrait être contraint de passer des dépréciations sur la filiale, Jean-Bernard Lévy a répondu par la négative. Pour faire face à la nouvelle donne sur le marché du mobile, Vivendi entend également repenser le fonctionnement opérationnel de SFR afin notamment de faire évoluer ses coûts.

L'éditeur a cependant annoncé mercredi la suppression de 600 emplois dans le monde dans sa division dédiée aux jeux sur internet, qui comprend «World of Warcraft», son jeu le plus rentable mais qui a perdu des utilisateurs au cours des derniers trimestres.

E24 (avec Reuters)
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