Olivier Roussat, le directeur général de Bouygues Telecom lors de la conférence de presse de Bouygues Telecom pour le lancement de IDEO en mai 2009.
Olivier Roussat, le directeur général de Bouygues Telecom lors de la conférence de presse de Bouygues Telecom pour le lancement de IDEO en mai 2009. - MEIGNEUX/SIPA

Claire Planchard

Le directeur général de Bouygues Telecom, Olivier Roussat à 16h et Jean-Ludovic Silicani, le président du régulateur des télécoms (Arcep) à 18h. Pour le premier le rendez-vous avec les députés était fixé de longue date. Pour le second les polémiques autour de la solidité du réseau de Free Mobile a quelque peu accéléré le calendrier «il y a une dizaine de jours, » explique-t-on à la Commission des affaires économiques. 

L’impact de l’arrivé de Free sur «les évolutions tarifaires, l’implantation dans le tissu rural et l’emploi seront très certainement au cœur des questions posées mardi par les députés», admet-on à la commission. Avec une question persistante en toile de fond: le quatrième opérateur a-t-il respecté ses obligations d’investissement en matière de réseau pour obtenir le feu vert de l’Arcep et lancer ses forfaits le 10 janvier dernier?  

Les contrôles du réseau de Free renforcés

Pour lancer son offre commerciale et bénéficier du contrat d’itinérance conclu avec Orange, Free Mobile devait en effet couvrir 27% de la population nationale. Mais Orange indiquait début février que 97% des communications de Free passaient par son réseau.

Face à la montée des rumeurs et critiques, l’Arcep a donc finalement décidé de vérifier de nouveau que le quatrième opérateur respectait bien ses obligations de couverture. Free et Orange seront entendus conjointement, tandis que l'Agence nationale des fréquences (ANFR) doit mesurer la réalité du déploiement et du fonctionnement du réseau du nouvel opérateur.

Emplois et investissements menacés?

L’enjeu est de taille: face à la guerre tarifaire de Free, les opérateurs historiques voient la rentabilité de leurs investissements fondre.

Selon le courtier Raymond James cité par Les Echos, les profits d'Orange, de SFR et de Bouygues Telecom pourraient chuter de 30% à 40% d'ici à 2015. Orange, qui loue son réseau à Free, serait le moins touché, tandis que Bouygues qui affiche déjà une rentabilité inférieure aux autres serait le plus fragilisé. Une situation qui pourrait remettre en cause les investissements à venir mais aussi les emplois du secteur.