Les agriculteurs français retrouvent le sourire après une année 2009 noire 
Les agriculteurs français retrouvent le sourire après une année 2009 noire  - GILE/SIPA

Bertrand de Volontat

Les agriculteurs semblent avoir mangé leur pain noir. Enthousiaste, leur ministre de tutelle, Bruno Le Maire, a déclaré mercredi que l'agriculture et la pêche française «relèvent la tête et enregistrent des résultats remarquables», assurant que le revenu des agriculteurs a été «multiplié par trois» entre 2009 et 2011.

Une forte hausse mais d’importantes disparités

En réalité, en trois ans en poste, Bruno Le Maire aura réussi, non pas à tripler mais à doubler le salaire des agriculteurs, qui passe de 14.500 euros en 2009 à 30.200 euros en 2011 (salaire brut moyen), malgré la crise économique. L’année noire que fut 2009 est donc oubliée, même si d’importantes disparités subsistent en fonction des productions.

Le revenu moyen des viticulteurs est ainsi de 56.000 euros (+43%), tandis que les producteurs de fruits et légumes touchent 10.000 euros (+60%). Les éleveurs, à 30.000 euros en moyenne (+16%), ont eux oublié la crise du lait qui les avait lourdement pénalisés. L'exemple du prix de la viande bovine payé au producteur témoigne aussi de la bonne santé du secteur, puisqu’il est passé à 3,4 euros le kilo, contre 2,9 euros en 2009, soit «la plus forte augmentation» depuis 14 ans.

Le secteur aimerait toutefois un peu plus de reconnaissance, les emplois qu'il propose n'étant pas délocalisables. Les 10.500 entreprises du secteur agroalimentaire comptaient 477.000 salariés en 2011. C'est le deuxième employeur de l'Hexagone, derrière les entreprises de la mécanique, comme ne manquent pas de le rappeler les professionnels.

Les salaires, signes d’un secteur qui remonte la pente

Au rang des autres bonnes nouvelles, en 2011, l'excédent des échanges agroalimentaires français a atteint un record, à 11,6 milliards d'euros. Cette performance s'explique en grande partie par les prix élevés des céréales, dont la France est un grand producteur, et par les exportations de vins et alcools vers l'Asie, notamment.

Xavier Beulin, le président de la FNSEA, principal syndicat agricole, veut convaincre les responsables politiques que l'agriculture représente un «pôle d'excellence» pour la France même si le secteur, plombé par un problème de compétitivité, a perdu des places face à son principal concurrent, l'Allemagne.

La compétitivité de l'agriculture sera donc un «thème majeur» du salon, a prévenu Xavier Beulin. Celui-ci s'est dit «amer» après le refus du gouvernement de faire bénéficier les chefs d'exploitations agricoles de la réforme de la TVA sociale, qui doit permettre un allègement du coût du travail. Bruno Le Maire a fait valoir le coût trop élevé de cette mesure si elle était étendue aux 600.000 exploitants agricoles.

De l’harmonisation de la profession à la mise en avant de celle-ci, il reste encore à l’agriculture de nombreux réglages à effectuer.