L’Allemagne affiche une santé financière insolente en pleine crise économique qui frappe de plein fouet ses homologues de la zone euro. Alors que la France devrait voir son déficit public flirter avec les 5,4% du Produit intérieur brut (PIB) en 2011, il a fondu chez nos voisins d’outre-Rhin pour atteindre les 1% contre encore 4,3% en 2010 et 3,2% en 2009.
Des chiffres qui contrastent avec la trajectoire du déficit hexagonale. Il devrait être ramené à seulement 4,5% du PIB en 2012, 3% en 2013, pour un retour à l’équilibre budgétaire en 2016 si Nicolas Sarkozy est réélu ou 2017 si François Hollande devient président de la République.
L’Allemagne dopée à la croissance et à l’emploi
L’an dernier, l’Allemagne a profité à plein de la croissance et de l'emploi qui ont nourri un excédent historique des systèmes d'assurance sociale, selon un chiffre définitif publié vendredi par l'Office des statistiques (Destatis).
En effet, le taux de chômage en Allemagne en janvier était de 6,7%, contre 9,3% en France, et le nombre d'actifs est au plus haut depuis la Réunification. Quant à la croissance du PIB, elle a atteint 3% (1,7% en France), autant d'éléments favorables aux finances publiques.
En valeur absolue, le déficit public de la première économie européenne s'est monté l'an dernier à 25,3 milliards d'euros, pour un PIB de 2.570,8 milliards d'euros.
Calculé selon les normes européennes, le pourcentage est identique (1%) mais la valeur absolue passe à 25,8 milliards d'euros, a précisé Destatis.
L'Etat fédéral et les Etats régionaux ont dépensé plus qu'ils n'ont gagné, alors qu'au contraire les communes ont fini dans le vert.
Excédent du système d’assurance-sociale
Mais surtout, le système d'assurance sociale, qui recouvre notamment les caisses d'assurance-maladie, de retraite et d'assurance-chômage, a dégagé son plus gros excédent depuis la Réunification, de 15,1 milliards d'euros à lui tout seul.
Le dynamisme du marché de l'emploi allemand fait baisser les dépenses d'indemnisation des chômeurs, et augmenter les rentrées des caisses puisque toujours plus de personnes travaillent et par conséquent cotisent.
Cet excédent attise les convoitises du gouvernement: le ministre des Finances Wolfgang Schäuble souhaiterait le ponctionner pour accélérer la réduction du déficit, ce qui suscite une fronde de la part en particulier des caisses d'assurance-maladie et d'assurance-retraite.