«S'allier à GM apporterait à PSA des leviers de croissance tout en réduisant les besoins d'investissements»

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Publié le 22 février 2012.

INTERVIEW - Selon Bertrand Rakoto, consultant automobile chez R.L. Polk, les deux constructeurs ont tous les deux intérêt à développer des échanges approfondis...

20minutes.fr a interrogé deux experts du secteur automobile sur l’opportunité d’un éventuel rapprochement entre General Motors et PSA Peugeot Citroën : découvrez leurs analyses très différentes sur les avantages et les risques d’une telle alliance.

Quels avantages auraient un tel rapprochement pour PSA mais aussi pour GM ?

Il est évident que GM a besoin de se renforcer en Europe: il a retrouvé sa place de numéro 1 mondial et souhaite la conserver. Pour cela il est impératif de restructurer sa filiale Opel/Vauxhall autour d’une stratégie adaptée. Et dans cette stratégie, le choix de PSA apparait cohérent parce que le constructeur français a une forte présence en Europe et dispose d’un certain savoir faire sur les gammes compactes et inférieures, là où GM a aujourd’hui un souci de positionnement et d’image. Du côté de PSA, il y a aussi un besoin de restructuration mais au niveau mondial. S’allier à GM lui apporterait donc des leviers de croissance tout en réduisant les besoins d’investissements.

Un partenariat ciblé entre les deux groupes, comme PSA peut déjà le faire avec Mitsubishi, est-il un scénario crédible?

Non, il faut nécessairement quelque chose qui aille plus loin. Ces partenariats ont permis PSA de bien se développer.

Mais ce type d’alliance a les inconvénients de ses avantages : cela permet de ne pas mettre toutes ses billes dans le même panier mais en contrepartie il est plus difficile de trouver une cohérence industrielle et technologique sur l’ensemble de la gamme.  Ces partenariats ont donc été très positifs pour PSA mais il semble de plus en plus nécessaire d’aller plus loin qu’une collaboration sur la fabrication d’une famille de moteurs ou d’un modèle commun. Il faut des échanges plus approfondis, à travers plusieurs familles de produits et la mutualisation de certains réseaux de distribution dans des pays ou l’un ou l’autre des constructeurs est moins présent.

Il y a-t-il un véritable risque pour les emplois?

Actuellement non aujourd’hui une alliance ne crée pas elle-même un risque pour les usines. Le risque, lorsqu’il  existe déjà pour certaines usines, ne nait pas soudainement d’une alliance. Les capacités de production sont déjà trop importantes, avec des usines  qui ne sont pas toujours localisées au mieux par rapport aux marchés ciblés. Si les usines sont en danger aujourd’hui, elles vont dépendre des différentes restructurations et redistributions des productions qui seront effectuées.

Propos recueillis par Claire Planchard
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