Xavier Niel, lors de la présentation de l'offre Free Mobile, le 10 janvier 2012.
Xavier Niel, lors de la présentation de l'offre Free Mobile, le 10 janvier 2012. - PRM

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«Comme beaucoup d’analystes qui suivent la valeur, nous sommes très positifs sur l’action Iliad» déclare d’entrée de jeu Gabrielle Capron. «Le groupe a selon nous très bien compris son écosystème. Il a compris que le régulateur et la puissance publique de manière générale n’étaient pas satisfaits de la manière dont fonctionnait le marché mobile français, notamment sur le plan de la tarification, et cherchaient à faire entrer un acteur innovant. Dès lors Iliad a eu toute sa place».

Espace économique

Trois éléments en particulier jouent en faveur d’Iliad. Le premier élément est lié à l’existence d’un espace économique pérenne. «Iliad est arrivée avec une offre qui a abasourdi l’ensemble de la place démarrant à 2 euros. La société serait déjà parvenue à attirer 1,5 million d’abonnés sur son réseau. La plupart des opérateurs historiques ont dû se repositionner Il y a un eu clairement un avant Iliad et un après Iliad» avance Gabrielle Capron.

Selon une étude du Crédoc, 45% des clients ayant un abonnement fixe à la maison ont pour leur mobile le même opérateur. «Si cette observation s’applique à Iliad, 45% de sa base abonnés sur le fixe devrait donc adopter l’offre mobile. Il y a en cela une opportunité pour Iliad de gagner 8 points de parts de marché» souligne l’analyste de Groupama AM.

La construction du réseau

Le deuxième moteur d’impulsion pour le développement du groupe et la progression du titre de bourse est relatif à l’enjeu de la construction du réseau. «La condition sine qua non à la rentabilité d’Iliad réside dans l’édification du réseau. Nous ne croyons pas du tout à la thèse du « passager clandestin». Il y a une véritable incitation pour Iliad à investir rapidement même si des problèmes se dessinent au démarrage». Selon Gabrielle Capron, l’Arcep elle-même (l’autorité de régulation des opérateurs télécoms), qui est en train de faire un audit du réseau d’Iliad pour vérifier s’il remplit ses obligations réglementaires, serait convaincue de la bonne volonté de la direction d’avancer rapidement sur le sujet.

L’enjeu pour l’essor économique de la société semble de taille. «Nous avons modélisé le comportement d’un grand utilisateur du mobile, qui parlerait 855 minutes environ et qui utiliserait 2 gigas d’internet. Nous avons regardé combien cela coutait à Iliad en 2012 et combien cela lui couterait en 2015 sachant qu’à cette date il est attendu qu’il déploie 75% de la population française. En 2012 Iliad dépendant du réseau d’Orange sur la partie 3 G doit payer 4 euros par giga et 8 euros par mois. En 2015, il n’aura plus à payer que 3 euro par giga et 1,5 euros par mois. Ainsi la marge brute devrait progresser de 12% à 65%. C’est un très important levier pour Iliad» développe Gabrielle Capron.

Le déploiement de ce réseau prendra sans doute du temps. «Quand Bouygues a obtenu sa licence de troisième génération, il n’est pas parvenu à déployer les antennes rapidement. Il a mis deux ans avant de déployer la première antenne. Alors qu’il devait avoir 20% de couverture le jour du lancement de son offre, il n’en avait que 12%» rappelle à ce titre Gabrielle Capron.

Faibles couts opérationnels

Cependant, ce qui parait dors et déjà acquis c’est que le contrat de partenariat avec Orange est hors de danger. «Il possible que ce contrat avec Orange soit revu à la hausse et que le milliard que doit Iliad en contrepartie de l’utilisation du réseau d’Orange se transforme en 1,5 milliard. Néanmoins, il est évident que ce contrat ne sera pas remis en question».

Le dernier catalyseur à une poursuite du rallye haussier du titre d’Iliad réside dans le fait que le groupe est confronté à de faibles couts opérationnels. Face à des offres aussi peu chères, le cout marketing est automatiquement réduit. Par ailleurs, Iliad ne subventionne pas les téléphones dans ses offres.

Ce lundi, le titre Iliad a gagné 0,39% à à 95,62 euros. Depuis janvier, la valeur affiche une hausse de 0,28%.