2009, un gouffre financier révélé au grand jour
4 octobre: Emmenés par George Papandréou, les socialistes du Pasok remportent la majorité absolue au parlement lors des élections législatives. Ils délogent les conservateurs de Nouvelle Démocratie, au pouvoir depuis 2004. Peu après, le nouveau gouvernement annonce que le déficit budgétaire du pays est trois fois plus élevé que les chiffres officiels avancés par le gouvernement sortant.
2010, les dégradations s’enchaînent, l’UE réagit une première fois
14 janvier: Le gouvernement dévoile un programme économique visant à ramener le déficit budgétaire de 12,7% du PIB en 2009 à 2,8% en 2012.
5 mars: Après un gel des salaires des fonctionnaires, le taux de TVA est augmenté de deux points à 21%, les primes dans la fonction publique sont réduites de 30%, les taxes sur l'essence, le tabac et l'alcool sont alourdies, les retraites des fonctionnaires sont gelées.
27 avril: L'agence Standard & Poor's abaisse la note de la dette grecque en catégorie spéculative. C'est la première dégradation d'une longue série.
2 mai: Premier plan d'aide. Un accord est conclu entre le gouvernement de George Papandréou, l'Union européenne (UE) et le Fonds monétaire international (FMI) pour le versement d'une aide financière en échange de nouvelles réductions budgétaires pour un montant de 30 milliards d'euros sur trois ans.
L'aide de l'UE et du FMI, de 110 milliards d'euros, sera versée par tranches sur trois ans.
4-5 mai: Grève nationale de 48 heures dans la fonction publique. Trois personnes meurent dans l'incendie d'une agence bancaire.
10 mai: Création du fonds européen de stabilité financière (FESF) pour venir en aide aux pays éventuellement menacés de ne pouvoir se financer sur les marchés.
7 juillet: Le parlement grec adopte une réforme des retraites exigée par l'UE et le FMI portant de 60 à 65 ans l'âge de départ en retraite des femmes.
2011, entre indécision, attente et inquiétude
13 juin: La Grèce voit sa note de crédit abaissée au plus faible niveau possible par Standard & Poor's, qui considère que le pays se dirige vers la faillite.
29 juin: George Papandréou obtient du parlement l'adoption d'un plan d'austérité sur cinq ans.
21 juillet: Deuxième plan d'aide. Les dirigeants de la zone euro se mettent d'accord sur un deuxième plan d'aide à la Grèce, avec 109 milliards d'euros supplémentaires de fonds publics et une contribution du secteur privé censée atteindre jusqu'à 50 milliards d'euros, soit une décote de 21%, d'ici mi-2014.
21 septembre: La Grèce adopte de nouvelles mesures d'austérité, dont une baisse de 20% des pensions de retraite les plus élevées. Six jours plus tard, une taxe immobilière impopulaire est adoptée pour tenter de convaincre l'UE et le FMI de débloquer une nouvelle tranche de leur aide financière afin de payer les salaires des fonctionnaires en octobre et d'éviter la faillite.
2 octobre: Le projet de budget préparé par le gouvernement montre que la Grèce n'atteindra pas son objectif de déficit budgétaire fixé quelques mois plus tôt. Ce projet prédit un déficit de 8,5% du PIB en 2011 contre un objectif de 7,6%.
Le gouvernement approuve la création d'une «réserve de travail» au sein de la fonction publique. Cette réserve est composée de 30.000 fonctionnaires payés 60% de leur salaire et susceptibles d'être limogés au bout d'un an.
21 octobre: Le gouvernement adopte un ensemble de mesures d'austérité malgré la paralysie du pays par une grève de 48 heures et de vastes manifestations. Au moins 74 personnes sont blessées dans les violences qui éclatent en marge des manifestations, qui rassemblent plus de 100.000 personnes.
Nuit du 26 au 27 octobre: Les pays de la zone euro parviennent à un accord sur un renforcement des moyens d'action du FESF et sur une recapitalisation des banques, qui acceptent de renoncer à 50% de la dette grecque qu'elles détiennent. L'objectif est à la fois d'aider la Grèce et d'éviter une propagation de la crise à l'ensemble de la zone euro, notamment l'Italie.
31 octobre: Sans consulter ses partenaires européens, George Papandréou annonce la tenue d'un référendum en Grèce sur le plan d'aide annoncé quatre jours plus tôt. Cette annonce suscite la consternation dans la classe politique grecque, y compris dans les rangs du Pasok, et la colère des dirigeants européens, qui craignent un rejet du plan par les Grecs, la faillite de la Grèce et une aggravation de la crise dans la zone euro.
A Cannes, où le G20 est réuni, le président français Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande Angela Merkel convoquent George Papandréou deux jours plus tard et le préviennent que la Grèce ne recevra pas un centime de plus si elle ne met pas en œuvre les mesures d'austérité prévues par le plan. L'hypothèse d'une sortie de la Grèce de la zone euro n'est plus taboue.
4 novembre: Le ministre grec des Finances annonce aux dirigeants européens que le projet de référendum est abandonné. Le Parlement vote la confiance au gouvernement de George Papandréou.
6-10 novembre: George Papandréou et le dirigeant de l'opposition conservatrice Antonis Samaras tombent d'accord sur la formation d'un gouvernement de coalition. Après de difficiles tractations, la présidence annonce que le nouveau gouvernement grec sera dirigé par Lucas Papadémos, ancien vice-président de la Banque centrale européenne.
6 décembre: Nouvelle flambée de violences devant le parlement à Athènes.
7 décembre: La coalition adopte un budget d'austérité pour 2012 visant à ramener le déficit de 9% à 5,4% du PIB et produire un excédent primaire (avant paiement des intérêts de la dette).
14 décembre: Le FMI estime que l'application des réformes est en retard et que cela entrave une reprise de l'économie.
2012, le temps n’est plus un allié
9 février: Au terme de longues discussions, les responsables grecs parviennent à un accord avec la «troïka» des créanciers internationaux du pays (Union européenne, FMI et Banque centrale européenne).
Le chômage continue sa progression, à 20,9% de la population active, du jamais vu. Les ministres des Finances de la zone euro demandent des mesures supplémentaires et un vote du parlement avant de débloquer les fonds du deuxième plan d'aide.
12 février: Les députés grecs adoptent le nouveau programme d'austérité après dix heures de débat. Il prévoit 3,3 milliards d'euros d'économies supplémentaires par le biais de nouvelles baisses des salaires et des retraites et d'une vague de suppressions d'emplois dans la fonction publique. Des émeutes éclatent dans la soirée à Athènes.
13 février: Les partenaires européens de la Grèce demandent de nouveaux gages.
14 février: Selon l'Office grec de la statistique, le PIB s'est contracté de 7,0% en rythme annuel au quatrième trimestre 2011, après une baisse de 5,0% au trimestre précédent. Plombée par des mesures d'austérité censées assainir ses finances publiques et alléger le poids de sa dette, la Grèce accuse sa cinquième année consécutive de récession.
20 février: Réunis à Bruxelles, les ministres des Finances de la zone euro doivent approuver le deuxième plan d'aide en faveur de la Grèce d'un montant de 130 milliards d'euros, crucial pour que le pays évite un défaut de paiement (la Grèce doit rembourser au 20 mars prochain 14,5 milliards d'euros d'emprunts d'Etat).