Pétrole iranien: «L'arrêt des exportations n'aura pas d'impact majeur sur les prix à la pompe»

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Publié le 20 février 2012.

ENERGIE - Jean-Louis Schilansky, Président de l'Union française des industries pétrolières (Ufip), analyse les conséquences de la décision de Téhéran dimanche de stopper ses exportations de brut vers la France et la Grande-Bretagne...

Cette décision aura-t-elle un impact sur l’industrie pétrolière en France?

Non, il n’y aura pas de conséquence directe en France et cela pour deux raisons: d’abord parce que les importations de brut iranien étaient faibles. Elles ne représentaient que 3 à 4% de l’ensemble des importations françaises. Et deuxièmement, parce que la France a quasiment arrêté d’importer du brut iranien depuis le début de l’année. En quelque sorte, on peut donc dire que l’on a anticipé cette annonce.

Ces tensions géopolitiques contribuent toutefois à faire flamber le cours du pétrole: cela peut-il indirectement entraîner une hausse des prix du carburant à la pompe en France?

Je ne pense pas que cela aura un impact majeur: aujourd’hui le baril de brut est à 120 dollars et cela n’a pas créé un choc, parce que l’impact est très faible. Toutefois, le fait que les Iraniens aient pris la peine de faire cette annonce est interprétée par les marchés comme un signe que les tensions continuent. Cette position dure ne contribuera donc pas à assouplir les marchés. Pour résumer: dans le prix du pétrole, il y a aujourd’hui une prime de risque liée à la situation iranienne et aujourd’hui cette prime de risque se trouve confirmée.

Cette annonce peut-elle être interprétée comme un avertissement pour d’autres pays européens, comme la Grèce et l’Italie, qui importent davantage de brut iranien?

De toutes façons,l’Union européenne a décidé un embargo sur les importations de pétrole iranien d’ici au mois de juillet. Cela veut donc dire que l’on va vers un arrêt total des importations. Mais il est vrai que pour certains pays cela va être plus compliqué. En Italie notamment, cela va sans doute créer des besoins d’approvisionnement. Le pays va devoir trouver d’autres sources et il pourrait y avoir une substitution du pétrole iranien par du brut en provenance d’Arabie saoudite.

Propos recueillis par Claire Planchard
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