Un utilisateur surfe sur son smartphone.
Un utilisateur surfe sur son smartphone. - VALINCO/SIPA

Christophe Séfrin

La période des mobiles et smartphones subventionnés par les opérateurs est-elle révolue? En remettant à plat les fondamentaux du marché de la téléphonie mobile française avec ses forfaits low-cost, Xavier Niel, le PDG du nouvel opérateur Free, redistribue aussi les cartes sur le marché de la vente de terminaux. Car chez Free, point de «cadeau» sur le prix des téléphones: un Galaxy SII siglé Samsung vaut 541 euros et non 51 euros, comme chez Orange (avec forfait mensuel à 56 euros et engagement de 24 mois).

«Free libère la vente de produits nus, c'est un gros bouleversement», constate Frédéric Eichrodt, directeur des achats chez Rue du Commerce. Selon nos informations, sur les 23,6 millions de terminaux vendus en France en 2011, selon GfK, à peine 10 % l'ont été nus, soit sans sub­vention. Pour David Mignot, DG de Sony Ericsson France, «les conséquences de la non-subvention peuvent pousser les consommateurs à garder plus longtemps leur mobile».

Pas de baisse des prix en vue

Fini le renouvellement de terminal quasi automatique tous les dix-huit mois ? Pas forcément. D'abord, les opérateurs historiques entendent bien continuer à attirer et à conserver les abonnés avec des téléphones chics, vendus peu cher avec un engagement de 12 ou 24 mois. Ensuite, l'appétit des consommateurs pour les smartphones (un téléphone sur deux vendu en France), attise l'intérêt pour la nouveauté. «L'exigence technologique des utilisateurs sur ce marché est plus forte», note David Mignot qui réfute, cependant toute possibilité de baisse de prix sur les mobiles et smartphones nus. Enfin, tout porte à croire que les subventions de certains deviendraient plus fortes. «Un nouveau smartphone pourrait être lancé avec une subvention à 49 euros, et non plus 99 euros», note un observateur.

Reste que les Français risquent d'y réfléchir à deux fois. «Une grande partie des consommateurs va faire le calcul avant de se rééquiper. A leurs yeux, les appareils vont retrouver leur vraie valeur», pronostique Frédéric Eichrodt, de Rue du Commerce. Du coup, beaucoup pourraient aussi se laisser séduire par le marché de l'occasion.