Après la guerre des prix, la bataille du réseau. L'opérateur Free Mobile fête aujourd'hui son premier mois d'existence dans un paysage de la téléphonie chamboulé et à couteaux tirés. Lancées le 10 janvier, ses offres à prix cassés (15,99 euros ou 19,99 euros pour un tout illimité sans engagement avec un Internet haut débit) ont forcé à tous les acteurs du marché, opérateurs historiques (Orange, SFR, Bouygues) ou « virtuels » (Zéro Forfait ou La Poste Mobile) à s'aligner. Mais l'exode des clients est déjà entamé. Et les anciens reprochent au nouveau un certain manque d'honnêteté.
Colère et soupçons
En cause : l'utilisation partielle, par Free, du réseau d'antennes installé par Orange, le temps de compléter l'implantation de son propre réseau partout en France. Orange et Free ont un contrat, mais l'opérateur historique soupçonne son concurrent d'abuser illégalement de l'accord pour pallier les insuffisances de son propre équipement. Cette « triche » empêcherait les premiers clients de constater les déficiences possibles du nouveau réseau. Les petits opérateurs ont également protesté hier contre les tarifs élevés que Free compte imposer pour les laisser utiliser son propre réseau 3G. Ils dénoncent une pratique « anti-concurrentielle », alors que plus d'un million de clients auraient déjà rejoint Free Mobile. Selon le cabinet Oddo Securities, Free atteindra 10,9 millions d'abonnés en 2015, ce qui le placera devant Bouygues, mais toujours derrière SFR et Orange.
Prix en europe
L'arrivée de Free Mobile et des nouvelles offres concurrentes va faire baisser la facture moyenne que payaient les Français pour leur mobile. Elle était jusqu'alors de 42,20 euros/mois, contre 20 euros en Grande-Bretagne, 27 euros en Allemagne ou 39 euros en Espagne.