L’objectif était ambitieux. En proposant, en juin 2009, une prime de 3.000 euros pour l’embauche en CDI d’un stagiaire, le gouvernement visait 50.000 embauches en un an. La mesure qui a pris fin en décembre 2010 n’en a permis que 7.245, soit sept fois moins qu’anticipé, selon une étude de la Dares. Une bonne nouvelle en revanche pour les caisses de l’Etat qui avait budgété un coût de 150 millions d’euros, or elle n’aura coûté au final que 20 millions d’euros.
70% des embauches ont été concentrées au cours de l’été 2009 au moment-même où s’achèvent les stages de fin d’études des étudiants. D’après l’étude, 40% des embauches ont été réalisées à l’issue d’un stage de longue durée, supérieur à six mois, dans le cadre d’une formation de niveau élevé.
Les embauches auraient eu lieu même sans prime
«Les stages réalisés sous statut scolaire lors de l’année d’obtention d’un diplôme du supérieur sont les plus exigeants du point de vue de l’application des connaissances et aussi les plus longs. Le stagiaire est alors amené à exercer des fonctions proches de celles qu’il pourrait avoir sur le marché du travail une fois son diplôme obtenu. Cette proximité a probablement favorisé l’embauche à la sortie du stage», pointe la Dares. Il y a fort à parier que la prime a donc eu un effet d’aubaine pour les entreprises. Ces longs stages sont souvent assimilés à une période de pré-embauche et très vraisemblablement l’employeur aurait recruté le stagiaire même sans incitation financière supplémentaire.
En définitive, près de 5.200 entreprises ont bénéficié de la mesure principalement dans les services (activités juridiques, comptables, conseil de gestion, architecture et ingénierie). A l’inverse, l’hôtellerie et la restauration, qui sont pourtant les secteurs qui embauchent le plus de jeunes en CDI ne représentent que 1% des contrats signés dans le cadre du dispositif.
C’est l’Île-de- France qui a concentré le plus d’embauches primées (40%) loin devant le Rhône-Alpes, le Nord-Pas de Calais, le Midi-Pyrénées et les Pays de la Loire.