L'histoire se répète en Grèce. Alors que ses caisses sont vides, l'Etat le plus endetté de la zone euro a jusqu'au 20 mars pour rembourser 14,5 milliards d'euros de prêts à ses créanciers privés.
Pour éviter le défaut de paiement, le pays doit recevoir avant cette date une nouvelle aide internationale de 130 milliards d'euros. Celle-ci ne sera débloquée qu'en échange de la mise en place de mesures d'austérité supplémentaires, parmi lesquelles une nouvelle baisse du salaire minimum et du montant des retraites.
Des perspectives qui suscitent la colère partout dans le pays: hier, 20 000 personnes ont défilé à Salonique et Athènes.
«Un cercle vicieux»
Dates butoirs, colère de la rue, aide internationale, mesures d'austérité: depuis bientôt deux ans, le feuilleton grec recycle régulièrement les mêmes ingrédients. Comme si le premier plan d'aide de l'Europe et du FMI (110 milliards d'euros, en mai 2010) n'avait servi à rien.
Pour Christophe Blot, économiste à l'OFCE, «la Grèce est dans un cercle vicieux. A chaque versement de l'aide internationale, elle doit prendre de nouvelles mesures de rigueur, ce qui ralentit son économie.»
Les perfusions nécessaires pour payer la dette aggravent donc la récession et enfoncent le pays dans la crise. Un choix difficile, mais indispensable selon l'UE, pour qui la Grèce n'a pas d'autre choix que de réduire son déficit si elle veut un avenir économique solide. «La récession dans le pays va durer des années», avertit Christophe Blot. Les manifestations ne sont pas près de s'arrêter.
Compte bloqué
Pour s'assurer que la Grèce utilise bien l'argent versé par l'UE et le FMI pour rembourser ses dettes, une partie des fonds à venir pourrait être versée sur un compte bloqué.