La France pourra-t-elle ramener son déficit commercial extérieur à zéro?

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Publié le 7 février 2012.

DÉCRYPTAGE - Pour 2011, il a atteint un record à 69,6 milliards d'euros...

Du jamais vu. Ce mardi matin, Pierre Lellouche, le secrétaire d’Etat au Commerce extérieur, a dévoilé  un déficit commercial de 69,6 milliards d’euros au titre de 2011, contre 51,4 milliards d’euros un an plus tôt. 20 Minutes fait le point sur un record dont la France ce serait bien passé.

Pourquoi un tel déficit?

Alors que nos exportations ont augmenté de 8,6% à 429 milliards d’euros, les importations ont bondi de 11% à 498 milliards d’euros. «Le déficit est essentiellement lié à la facture énergétique», explique Hélène Baudchon, économiste chez BNP Paribas. En effet, elle a atteint les 62 milliards d’euros. Explication: le prix moyen du baril de brut a été de 111 dollars l’an dernier contre 80 dollars en 2010. Hors énergie, la hausse des importations n’a d’ailleurs été que de 7,6% en 2011.

Malgré tout, cette hausse du déficit traduit aussi la faible compétitivité des entreprises françaises à l’exportation avec un coût du travail supérieur de 10% par rapport à leurs homologues d’outre-Rhin, déplore Pierre Lellouche. Contrairement à nos voisins allemands qui ont enregistré un excédent largement supérieur à 100 milliards euros, elles ne profitent donc pas autant de la croissance des pays émergents.

«Nos ventes vers les Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) ne représentent que 7% du total de nos exportations - contre 12 % des exportations allemandes. Nous avons eu l'an dernier un déficit record avec la Chine, de 27,2 milliards d'euros», a expliqué Pierre Lellouche dans un entretien accordé au Figaro.

Quels sont les secteurs gagnants?

Premier secteur excédentaire: l’aéronautique avec un surplus de 17,7 milliards d’euros grâce à la vente de 534 Airbus. «Le dynamisme des ventes vers l’Asie et l’Amérique est contrebalancé par le recul des livraisons à l’Union Européenne et au Proche et Moyen-Orient», notent les douanes dans leur communiqué.

L’heureuse surprise est venue de l’agroalimentaire avec un excédent record de 11,4 milliards d’euros après 7,9 milliards d’euros sur l’année précédente. Les produits de terroir (cognac, champagne, vins et fromage AOC) ont contribué aux quatre cinquièmes de cet excédent. «La France bénéficie de son bon positionnement en Asie (vins haut de gamme) et aux Etats-Unis (champagne)», soulignent les Douanes.

Et le luxe n’est pas en reste. Les sacs à main, articles de bagage et parfums/cosmétiques, ont affiché un excédent record de 8,3 milliards d’euros.

Le déficit commercial pourra-t-il se résorber?

La mission n’est pas impossible. Bien que ce déficit se creuse inexorablement depuis des années, la balance commerciale était encore à l’équilibre au début des années 2000. Pierre Lellouche a l’ambition de la ramener à ce niveau d’ici les cinq prochaines années en se remettant à produire en France et en doublant le niveau des exportations vers les émergents. Trop optimiste? Tout dépendra notamment du niveau de la croissance mondiale. Si elle reste poussive comme aujourd’hui, il sera difficile «de renverser la vapeur», conclut Hélène Baudchon.

M.B.
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