La crise? Quelle crise? A quatre jours du début des vacances d’hiver, les professionnels de la montagne, qui ont généré la saison dernière un chiffre d ‘affaires de 7,3 milliards d’euros, ont le sourire. Oublié ce début de saison poussif en raison d’une météo encore estivale à la fin novembre. Après les fêtes d’année, la fréquentation n’était en recul, en moyenne, pour l’ensemble des stations, que de 1% par rapport au cru 2010-2011, rappelle Jean-Marc Silva, directeur de France Montagnes. Depuis, tout semble rentrer dans l’ordre. A l’image d’Odalys, deuxième acteur de l’hébergement touristique en France, qui note une hausse de 7% dans ses établissements rien que pour le mois de janvier avec à la clé un taux de remplissage supérieur à 95%.
Conditions idéales
Et tous les astres semblent s’aligner pour confirmer cette tendance. Non seulement la neige est au rendez-vous, mais en plus le froid de ces derniers jours lui offre une meilleure qualité. Cerise sur le gâteau: le beau temps est de la partie. Un décor de carte postale qui devrait booster à coup sûr les réservations de dernière minute. En effet, les clients sont de plus en plus nombreux à attendre le dernier moment pour se décider. D’un côté, ils veulent s’assurer que l’enneigement soit présent. De l’autre, «la conjoncture économique et le débat sur ce que seront les hausses d’impôts et notamment de TVA ne les aident pas à anticiper», décrypte Karim Soleilhavoup, directeur du développement commercial pour les résidences Pierre et Vacances.
D’ailleurs, une récente étude publiée par le cabinet ProTourisme estimait que 800.000 Français avaient renoncé cette année aux vacances d’hiver surtout pour des raisons d’ordre financier.
En réactions, certains professionnels n’hésitent plus à brader les prix. Stéphane Lerendu, directeur de la station d’Avoriaz parle «de positionnement tarifaire plus ajusté» se traduisant par des rabais allant jusqu’à 25% pour l’hébergement.
La clientèle étrangère au rendez-vous
Pas sûr que cela soit suffisant pour doper la fréquentation des pistes par les skieurs français, qui représentent jusqu’ici 75% de la fréquentation des stations. Pour compenser, elles peuvent compter sur une clientèle étrangère encore plus nombreuse cette année. Les Anglais, les Néerlandais, les Belges et les Allemands sont plus que jamais au rendez-vous. La chute de l’euro face au Franc suisse en a dissuadé certains d’aller passer leurs vacances chez nos voisins helvètes.
Les Russes ne sont pas en reste. A Avoriaz, ils sont deux fois plus nombreux qu’il y a deux ans. Mais pour fidéliser cette clientèle, encore faut-il s’en donner les moyens et faire du sur-mesure. «La plupart d’entre eux parlent mal l’anglais. J’ai donc quatre hôtesse russes qui vont les accueillir pour les aider à organiser leur séjour et faire la traduction», souligne Stéphane Lerendu.
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