«Nous avons aidé 12.500 micro-entrepreneurs en 2011, c’est 10% de plus qu’en 2010», salue Catherine Barbaroux. Un beau succès pour la présidente de l’Adie (Association pour le droit à l’initiative économique) qui a lancé lundi sa nouvelle «Semaine du microcrédit».
Une alternative crédible au chômage
Cette opération, traditionnellement organisée au printemps, a été avancée cette année pour cause de présidentielle. Objectif: attirer l’attention des candidats sur ce dispositif de financement qui s’affirme comme une alternative au chômage.
«Malgré un contexte défavorable aux petites activités, le microcrédit apparaît comme une possible voie de retour à l’emploi, quand les entreprises embauchent peu ou en emplois précaires. Prendre le risque du travail indépendant ne paraît alors pas si risqué que ça», explique Catherine Barbaroux. Pour elle, il faudrait aujourd’hui «deux fois plus d’activité pour répondre à la demande sociale».
La force de ces associations de microcrédit: permettre à des personnes en grandes difficulté d’obtenir des financements quand toutes les banques leur auraient fermé la porte. Mais surtout les accompagner dans leur projet professionnel pour éviter qu’elles ne tombent en situation de surendettement. Et les résultats sont au rendez-vous: en 2011, l’Adie affiche un taux d’impayés historiquement bas de 2,5 %.
Un contexte de crise favorable à la solidarité de proximité
Signe supplémentaire de ce succès: ce modèle séduit aujourd’hui aussi les donateurs. Depuis un an, la plateforme Babyloan spécialisée dans le micro-prêt aux pays en développement propose également de financer des projets français soutenus par l’Adie.
«On observe une attirance pour une finance totalement utile et directe, c'est-à-dire qui permette à des gens de s’en sortir avec des circuits courts où l’on choisit le projet que l’on veut aider» explique Arnaud Poissonnier, président-fondateur de Babyloan. Aujourd’hui, 12% des projets financés par le site sont français, mais la proportion pourrait doubler rapidement dans un contexte de crise propice à une «solidarité de proximité».
Des microcrédits «personnels» sous haute surveillance
Pour le microcrédit à la consommation, la situation est en revanche est un peu plus contrastée. «On a beaucoup de demandes mais les capacités de remboursement sont très faibles car ce sont des gens dans des situations d’extrême précarité» explique Jean-Louis Kiehl, président de l’association de défense des consommateurs CRESUS.
Croix Rouge française, Restos du cœur, Fondation Abbé Pierre, etc. Aujourd’hui de très nombreuses associations proposent elles aussi aux personnes en difficulté de défendre leur dossier auprès d’organismes bancaires partenaires. Et toutes font le même constat: face au risque de surendettement, le microcrédit doit être manié avec prudence et il faut privilégier les projets de retour à l’emploi.
Achat d’une voiture ou financement d’un permis de conduire, aide au déménagement et équipement du logement figurent ainsi en premier rang. «On veut que la personne à qui on prête génère les revenus qui lui permettront de rembourser son prêt», résume la présidente de l’Adie.
Néanmoins, quand le chemin du retour à l’emploi est encore long, ce coup de pouce peut parfois être salvateur. Francis Penisson, coordinateur des microcrédits pour les Resto du Cœur dans le département des Yvelines en est bien conscient: «ce n’est pas toujours possible de les aider à retrouver un emploi. Parfois, le micro-crédit peut les aider à refaire leurs lunettes ou à soigner leurs dents pour pouvoir être présentable. C’est déjà un début».