Vent de déprime pour les jeunes diplômés

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Publié le 2 février 2012.

EMPLOI - Les jeunes en recherche d'emploi sont pessimistes quant à leur capacité à décrocher un job...

Ils ne commencent pas l’année sous les meilleurs auspices. Selon le "baromètre de l’humeur des jeunes diplômés" réalisé par l’Ifop pour Deloitte*, révélé ce jeudi, 51% de ceux qui recherchent un emploi pensent qu’ils ont peu de chances de trouver un poste dans les six prochains mois. «Un pessimisme en résonance avec le contexte économique», souligne Frédéric  Michau, directeur adjoint de l’Ifop. Les titulaires d’une licence sont ceux qui voient leur avenir le plus en noir. A contrario, les titulaires de diplôme des grandes écoles sont 71% à penser qu’ils parviendront à décrocher un poste dans le semestre.

La défiance vis-à-vis des recruteurs

Autre thermomètre qui permet de sonder la morosité ambiante: 77 % des jeunes diplômés en recherche d’emploi estiment que les recruteurs prennent trop en compte le CV et pas assez la personnalité du candidat. Les trois-quarts d’entre eux vivent les méthodes de recrutement comme une épreuve douloureuse car ils les jugent déstabilisantes. Dans la même logique, ils sont 72% à trouver qu’elles ne donnent pas la même chance à tous les candidats de décrocher un poste. «Ce tableau sévère témoigne de la déception personnelle de nombre de candidats qui n’ont pas été sélectionnés à l’issue d’entretiens. Ils jugent les méthodes de recrutement  trop formelles et ne leur  permettant pas de dévoiler leurs capacités personnelles», insiste Frédéric Michau.

Le diplômé dévalorisé

Plus inquiétant encore: alors que le diplôme est traditionnellement considéré comme le meilleur rempart contre le chômage, 44% des jeunes diplômés au chômage jugent qu’il ne représente plus un sésame qui garantit l’embauche. «Les promesses associées à l’obtention d’un diplôme ne se concrétisent plus, d’où ce scepticisme croissant», analyse Frédéric  Michau. Désabusés, ils montrent aussi une certaine défiance à l’égard des acteurs d’aide à l’emploi: seulement 46% d’entre eux estiment que les associations tels que l’Apec et l’Afij peuvent les aider dans leur quête d’un premier job et seulement 38% jugent le soutien de Pôle emploi efficace. Du coup, la majorité d’entre eux (79%) ne comptent que sur eux pour parvenir à leur fin, faisant leur le vieil adage «aide-toi et le ciel t’aidera».


Les politiques incapables de venir à leur rescousse

Face à un tel pessimisme, on pourrait croire qu’ils imaginent leur avenir hors de France. Mais surprise, seulement 13% des jeunes diplômés l'envisagent. Parmi ceux-ci, le rêve s’inscrit aux Etats-Unis (pour 40%), au Canada (30%), ou dans un autre pays européen (23%).  Et quand on les interroge sur l’impact de l’élection présidentielle de 2012 pour améliorer leur situation, 73 % des jeunes diplômés estiment qu’elle ne permettra pas d’améliorer leur situation. Preuve que les mesures en leur direction proposées par les candidats n’ont pas encore réussi à les convaincre.

Delphine Bancaud

* Le sondage a été réalisé du 4 au 13 janvier auprès d'un échantillon de 450 personnes représentatif des jeunes ayant achevé leurs études, titulaires d'un bac à bac +5 depuis moins de trois ans en recherche d'emploi dans le privé.

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