Chute des immatriculations: «On n'est pas dans une crise tragique comme en 2008»

14 contributions
Publié le 1 février 2012.

INTERVIEW - François Roudier, porte-parole du Comité français des constructeurs automobiles (CCFA), relativise la gravité de la chute de 20,7% enregistrée en janvier par rapport à janvier 2011...

Quelle est la principale explication de cette forte baisse?

On compare le mois de janvier de cette année à celui de l’an dernier, qui était le plus fort jamais connu: en effet, le premier trimestre 2011 avait été marqué par les livraisons des dernières voitures à pouvoir bénéficier de la prime à la casse. On a donc un effet de comparaison énorme. 

Pourquoi certaines marques étrangères s’en tirent-elles toutefois mieux que les constructeurs français qui reculent fortement (-32,7% pour le groupe Renault et –27,4%  pour PSA Peugeot Citroën)?

Plus que la différence français/étrangers, ce qui explique que certains affichent des hausses d’immatriculations et d’autres des baisses, c’est leur positionnement:  ceux qui ont le plus souffert sont ceux qui avaient été les grands gagnants de la prime à la casse en 2010 avec leurs véhicules d’entrée de gamme. Renault avec sa Clio, Peugeot avec sa 107, Fiat avec sa Panda ou Opel avec sa Corsa avaient par exemple fait beaucoup de publicité avec beaucoup de rabais et accusent donc aujourd’hui plus le coup que ceux qui vendaient plus cher.

La conjoncture économique difficile joue-t-elle aussi déjà sur les ventes de voiture?

Le deuxième effet, ce sont bien sûr les mauvaises commandes enregistrées en décembre 2011 qui se traduisent en janvier par des immatriculations en baisse. Et là, c’est davantage la mauvaise conjoncture et le moral des ménages qui jouent. Mais les ventes de professionnels ne sont pas si mauvaises que ça, les ventes de véhicules utilitaires baissent de 2,5%. On constate que les flottes d’entreprises et de loueurs continuent de s’équiper. C’est positif, notamment pour les constructeurs français, pour qui c’est un marché important. 

Donc on n’est pas dans une crise économique tragique: ce n’est pas le même effet de crise qu’en 2008, où il y avait eu un coup d’arrêt des ventes aux professionnels. D’ailleurs, on n’observe pas de «credit crunch» comme en 2008: sur la voiture, il n’y a pas les mêmes problèmes de crédit que sur le long terme pour le logement, car ce sont des crédits courts de deux ans en moyenne et la voiture peut, elle, être saisie.

Comment envisagez-vous les perspectives pour 2012?

Le premier trimestre va être mauvais et le premier semestre ne devrait pas être bon mais il y aura un arrêt de l’effet prime à la casse à partir du 31 mars, puisque l’an dernier c’était la date limite pour livrer une voiture avec le rabais. D’autre part, les modèles phares Peugeot 207 et Renault Clio sont en en cours de renouvellement: la Peugeot 208 arrivera en mars et la Clio IV en septembre. Même s’il y a souvent de très bonnes affaires à saisir à ce moment-là , les clients ont tendance à attendre les nouveautés.

Il devrait donc y avoir une montée des immatriculations sur la seconde partie de l’année. En revanche, nous ne faisons pas de pronostics si une grave crise économique devait éclater...

Propos recueillis par Claire Planchard
Contribution : La sélection de 20 Minutes

Chargement des contributions en cours

Mots-clés
Emploi

En partenariat avec Monster.fr

  • Trouvez le poste qui vous convient

    Retrouvez les dernières offres d'emploi sur toute la France et dans tous les secteurs avec 20minutes.fr et Monster.fr

publicité
publicité
Electromenager
149.99 €
publicité
publicité
Les dernières contributions

Chargement des contributions en cours

Réagissez à cet article
Vous souhaitez contribuer ? Inscrivez- vous, ou .
Confirmer l'alerte de commentaire
Annuler
publicité
publicité
Se connecter avec Facebook
S'identifier sur 20minutes.fr