Les constructeurs aéronautiques survolent la crise

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Publié le 31 janvier 2012.

TRANSPORT - Le business model même du secteur de l'aéronautique lui permet de se prémunir contre la crise économique mondiale, tout en subissant un ralentissement logique...

Les deux grands groupes de constructeurs d’avions Airbus et Boeing sont satisfaits de leurs résultats sur le segment commercial pour l’année 2011. 2012 devrait connaître une forte augmentation des livraisons, d’un retour à la normale des commandes voire de risques d’annulation et d’une demande morose. La résilience du secteur s’explique toutefois par l’étonnante visibilité pour l’année 2012, caractéristique du secteur aéronautique.

L’Asie et le Moyen-Orient rassurent les carnets de commandes

L’industrie aéronautique survole pour l’heure les affres de la crise mondiale. Les deux avionneurs ont réussi 1.011 livraisons, contre 972 en 2010. Ils espèrent stabiliser leur livraison en 2012 à 1.130. Ils ont doublé leurs commandes nettes avec 2.224 unités contre 1.104 en 2010, portées notamment par la famille de l’Airbus A320Neo. Seules 1.200 sont à prévoir pour 2012 et entre 300 et 400 annulations pourraient ternir davantage ses statistiques.

Les carnets de commande affichent 8.200 et en attendent 8.300 en 2012. Ces chiffres sont pour l’heure portés à moitié par les compagnies asiatiques (34%) et moyen-orientales (15%), low-cost inclus. L’Europe ne représente que 16% et reste la tranche du marché la plus sensible pour 2012. Une évolution qui rend les cahiers de commandes instables.

Les constructeurs, en ces temps d’instabilité, capitalisent d’ailleurs sur le fait qu’un avion n’est pas un CDS ou un subprime mais bien un actif de valeur stable. Opération séduction, notamment auprès des riches orientaux.

La rentabilité d’exploitation des constructeurs est en hausse: 1,5 pour Airbus et 9,7 pour Boeing. Airbus vise 2,5% en 2012 grâce aux performances de production de l’A380. Celle de Boeing baissera à 9%. «Le déterminant principal de la rentabilité est la stratégie de développement. Tout dépends des nouveaux programmes», précise le groupe Euler Hermès.  

Un duopole à l’abri, pour le moment

Si les constructeurs ne craignent pas la crise, c’est aussi car leur trésorerie brute est confortable, grâce aux paiements des clients. Ils se tiennent loin des turbulences de marchés car n’ont pas besoin de financement externe.

Par ailleurs, les avionneurs veulent partager la prise de risque en impliquant davantage leurs sous-traitants, leurs filières et leurs distributeurs, de l’ordre de 60%. Il s’agit également de retrouver des niveaux de rentabilité satisfaisants à tous les échelons de la chaîne de production.

Le duopole peut-il toutefois se maintenir à l’avenir? La concurrence s’annonce. La Chine veut une industrie aéronautique et tente de s’immiscer, la Russie aussi, le Canadien Bombardier poursuit ses efforts mais semble toutefois reculer dans ses intentions. Euler Hermès confie que la situation devrait rester inchangée pour encore sept à huit ans. Ce jour-là, la balance constructeurs-clients, aujourd’hui largement en faveur des premiers, devrait s’inverser.

Bertrand de Volontat
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