L’agence Barnes revenait ce matin sur l’année 2011 de l’immobilier. Contrairement au middle market qui est annoncé en baisse (entre 0 et 5%), le marché français haut de gamme et des biens d’exceptions devrait se maintenir à un niveau élevé de prix et de la demande. Les grandes destinations balnéaires et montagnardes, Paris et sa proche banlieue conserve une forte attractivité, pour les Français et pour les étrangers - essentielle pour ce segment de l’immobilier de qualité et d’exception.
En 2011, l’augmentation des prix du marché résidentiel haut de gamme à Paris s’est située entre 8 et 10%, avec un volume élevé des transactions. Le prix au mètre carré pour ce segment s’est stabilisé au-dessus des 10.000 euros.
Les prix des biens de grande qualité se maintiennent, et le temps de vente est de 15 jours, tandis que ceux comportant des défauts (1er étage, des travaux) baissent depuis la fin de l’été et mettent entre deux et trois mois à être vendus. Barnes a enregistré 95 nouveaux biens à vendre ce dernier mois, soit cinq fois plus qu’en janvier 2011. Ainsi le nombre de biens à vendre au-dessus du million d’euros augmente. Barnes parle aussi d’un «net refroidissement de la motivation des acheteurs».
Les étrangers ont quant à eux réalisé 70% des transactions supérieures à 5 millions d’euros. Les acquéreurs des pays européens sont suivis voire remplacés par des acquéreurs des pays émergents qui cherchent des pieds à terre de 300 mètres²...
Les petits effets de la crise
L’ambiance de crise ne laisse toutefois pas insensibles la clientèle haut de gamme. Les clients en général connaissent mieux le marché des grandes villes, anticipent une stagnation ou une baisse des prix et font des propositions de plus en plus raisonnées. 2 millions d’euros semblent être devenu une limite psychologique à Paris et partout en France.
Les propriétaires, souhaitant souvent récupérer des liquidités, profitent des prix élevés (jusqu’à 26.000 euros/m²) avant une éventuelle année 2012 en crise. Ils mettent leurs biens en vente de plus en plus, souvent à des prix deux fois trop élevés par rapport au marché et doivent finalement vendre à des tarifs moindres. Ils commencent toutefois à devenir aussi plus matures.
Barnes pointe toutefois deux raisons de croire à une baisse du luxe parisien. Le risque de la disparition de l’euro pèse tout d’abord. Paris était devenu une place internationale lors du passage à la monnaie unique. Ensuite, l’instabilité fiscale met la pression sur les impôts directs et la prochaine élection présidentielle aura un impact, notamment sur la taxe sur la plus value.
Les biens d’exception, une particularité
Du côté des biens d’exception, seules dix ventes à plus de 10 millions d’euros ont été enregistrées en 2011 à Paris. Ils sont visés par une clientèle internationale très riche (patrimoine supérieur à 25 millions d’euros), notamment des Sud-Américains, des Américains en quête du Paris traditionnel rive gauche et les Russes et moyen Orientaux, plus enclin à se poser rive droite. Ces étrangers représentent 80% des acquisitions entre 5 et 10 millions d’euros. Ils cherchent des grandes surfaces, des appartements impeccables, des parties communes de grand standing. Un luxe comme il en existe que peu. Une niche que les propriétaires actuels essaient de pénétrer pour accéder à ces acheteurs venus d’ailleurs.