Solution d'appoint pour travailleurs et étudiants ou pure spéculation? Depuis deux ans, la Mairie de Paris fait la chasse aux meublés loués pour de courtes durées, notamment aux touristes. Environ 200 propriétaires auraient déjà reçu une lettre d'avertissement ; cinq ont été condamnés à des amendes de l'ordre de 2 000 euros.

La fédération d'agences immobilières spécialisées Paris meublés doit rencontrer la Mairie lundi prochain afin de lui faire part de ses inquiétudes : selon elle, tous les propriétaires qui louent leur bien pour moins d'un an sont injustement visés. «Les locations aux touristes ne représentent que 4 % du marché, estime André-Régis Brüe, de l'agence Paristay. Nous travaillons avec des personnes qui louent leur résidence principale pendant leurs absences, à des professionnels ou à des étudiants qui ont besoin de passer quelques mois à Paris.»

20 000 meublés à Paris

Selon une étude Opinion Way, la durée moyenne de séjour dans les meublés loués via les agences serait de trois mois. Et la plupart du temps, les propriétaires continuent à y vivre une partie de l'année, clament les agents. Ces logements ne pourraient donc en aucun cas être loués plus d'un an.

«Les 20 000 meublés parisiens, soit 8 % du marché locatif, sont essentiellement loués à des touristes, réagit Jean-Yves Mano, adjoint (PS) au maire chargé du logement. Il n'y a qu'à voir les annonces, passées dans toutes les langues. Ils sont loués 500 euros la semaine, ne me dites pas que c'est à des étudiants. Cela a pour conséquence de faire monter les loyers, les victimes sont les Parisiens !» Selon Jean-Yves Mano, les récentes condamnations montrent que le droit est du côté de la Mairie. «Si vous louez votre appartement le temps d'un déplacement, vous ne serez pas visé par la Ville, précise-t-il. Nos services réalisent des appréciations au cas par cas.»

Code de la construction et de l'habitation

La Mairie estime que les locations meublées de courte durée doivent faire l'objet d'un changement de destination et devenir des locaux à usage commercial. Or cette modification prévue par le code de la construction et de l'habitation coûte cher, par exemple 160 000 euros pour 40 m2 dans le 5e.

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