Taxe Tobin: La presse critique l'initative de Nicolas Sarkozy, «bluff» ou vouée à «l'échec»

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Publié le 9 janvier 2012.

REVUE DE PRESSE - Les éditorialistes reconnaissent tout de même une magistrale offensive politique...

La presse se montre très critique ce lundi envers la proposition de Nicolas Sarkozy de créer une «taxe Tobin», une initiative risquée, qualifiée de «bluff» - parce qu'elle ne pourra pas être votée avant la présidentielle- ou vouée à l'échec - parce que prise en solo par la France.

Mais beaucoup d'éditorialistes reconnaissent pourtant que cette initiative est aussi une magistrale offensive politique, parce que la taxe Tobin, idée fondamentalement socialiste, a été «volée à la gauche» par le président (La Tribune). Yves Thréard, dans Le Figaro, salue en Nicolas Sarkozy le candidat qui «n’est pas encore officiellement en campagne, mais c’est lui qui en donne le rythme, qui en maîtrise désormais l’agenda».

«Socialistes, réveillez-vous!»

Yann Marec, dans le Midi Libre, admet aussi que l'initiative de la campagne présidentielle est à Nicolas Sarkozy: «La gauche court toujours, mais après», constate l'éditorialiste. «Socialistes, réveillez-vous!», enjoint-il. «Nicolas Sarkozy a transformé la période des voeux en orgue de Staline à propositions multiples, comme la TVA sociale et la taxe sur les transactions financières», écrit Dominique Garraud dans la Charente Libre. C'est «une façon de chasser sur les terres de la gauche, au moment où l'écart qui le sépare de François Hollande dans les sondages, est en train de se resserrer», analyse Patrice Chabanet dans le Journal de la Haute-Marne.

Olivier Picard (Les Dernières nouvelles d'Alsace) souligne que «Nicolas Sarkozy joue son va-tout au risque de s’exposer à la colère de ses pairs européens». «Comment sa chère "Angela", qui voulait attendre 2014, va-t-elle accueillir aujourd’hui celui qui lui fait une infidélité pour jouer au joli coeur avec l’électorat français?», écrit-il avec humour. «Nicolas Sarkozy prend quelques risques. Et notamment celui d'être désarçonné. Tobin or not to be... "Un cheval, mon royaume pour un cheval!" hurlait Richard III. Ça s'est mal terminé, non?», s'interroge Denis Daumin dans La Nouvelle République.

Pour Les Echos, le verdict est radical: la mise en oeuvre de la taxe Tobin «dans un seul pays court droit à l'échec, comme l'a prouvé la Suède il y a près de trente ans.» «La taxe Tobin ne marche pas dans un seul pays, sauf à vouloir chasser à l'étranger des activités financières honorables et des leviers de pouvoir indispensables», écrit l'éditorialiste Jean-Marc Vittori. Et Jean Levallois (La Presse de la Manche) explique que cette mesure «devrait même être prise en commun par l'ensemble des pays membres dans le cadre de l'ONU. Ce qui promet de renvoyer cette taxe, pourtant justifiée, aux calendes grecques.»

Vous souhaitez en savoir plus sur la taxe Tobin? Déposez vos questions dans les commentaires ou écrivez-nous à reporter-mobile@20minutes.fr. Nos journalistes de la rubrique économie vous répondront.

© 2012 AFP
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