Un désaveu. La direction de la CFDT vient d’annoncer dans un communiqué son désaccord avec ses propres responsables syndicaux dans l’entreprise SeaFrance, menacée de liquidation. Les représentants CFDT militent pour un projet de reprise de la société par les salariés, mais ils butent sur un accord de financement avec le gouvernement alors qu’il ne reste plus qu’un jour pour déposer un projet au tribunal de commerce. Ils ont refusé une offre de reprise par la société privée LDA-DFDS.
Ce refus est «une erreur grave», dénonce la centrale syndicale dans son communiqué, jugeant qu’ «il y avait des possibilités pour sauvegarder un maximum d’emplois.» Pour la CFDT, «désormais les salariés n’ont pas de perspectives pour sauver leurs emplois. Malheureusement, les responsables CFDT de SeaFrance portent une lourde responsabilité dans cette situation.»
Un « système CFDT »
Au-delà du dossier de reprise, Europe 1 et Le Figaro ont publié aujourd’hui des enquêtes sur un «système CFDT» mis en place au sein de SeaFrance pour favoriser les adhérents à la centrale syndicale. «Si les propos de la presse étaient confirmées par les enquêtes judiciaires en cours, la CFDT prendrait les mesures d’exclusion nécessaires», indique la direction.
«Je n’ai pas envie de répondre à ces bêtises. C’est faux. Les salariés nous soutiennent et les dernières élections nous ont donné 82% des voix, un vrai raz-de-marée.», répond Didier Capelle, l’un des responsables de la CFDT-SeaFrance, contacté par 20Minutes.fr.
Selon le site du Parisien, un collectif de salariés non-syndiqués de SeaFrance s'est constitué mercredi pour relancer les discussions avec la société privée LDA-DFDS. «Pour nous, le projet de Scop n'est pas viable. On veut donc lancer des signaux à DFDS", confie une salariée interrogée par le quotidien.