La gauche s'oppose à une «TVA sociale»

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Publié le 2 janvier 2012.

RÉACTIONS - Le Parti socialiste ainsi que le candidat du Front de gauche, Jean-Luc Mélenchon, se sont dit hostiles ce lundi à la mise en place d'une «TVA sociale» sur les produits fabriqués hors de France...

Pour la gauche, c’est non. Le Parti socialiste ainsi que le candidat du Front de gauche, Jean-Luc Mélenchon, se sont déclarés ce lundi hostiles à la mise en place d'une «TVA sociale» défendue par Nicolas Sarkozy. Pour assurer la pérennité du financement de la protection sociale, le président français a en effet évoqué samedi sans la nommer, à l'occasion de la présentation de ses voeux aux Français, la possibilité d'instituer une nouvelle fiscalité «anti-délocalisation» qui comprendrait une TVA relevée sur les produits fabriqués hors de France.

«On nous dit que, pour baisser le coût du travail et espérer une hypothétique augmentation de votre salaire, on va baisser les cotisations sociales et les transférer sur le consommateur, qui va donc payer plus cher pour que nos entreprises soient plus compétitives», a déclaré le porte-parole du PS, Benoît Hamon.

«Une faute économique et sociale» pour Sapin

«La stratégie qu'on mène depuis 20 ans, c'est, afin d'être plus compétitifs, de baisser le coût du travail. Est-ce que cela s'est traduit par des augmentations de salaires jusqu'ici? Non. Est-ce que ça se traduira (cette fois-ci) par des augmentations de salaires en période de crise? Evidemment que non», a-t-il ajouté sur France Inter.

Michel Sapin, chargé du projet présidentiel de François Hollande, s'est lui aussi insurgé contre ce projet. «Dans une période où la consommation se porte très mal, où les revenus ont tendance à baisser et où l'économie va de plus en plus mal, ce serait une faute économique d'augmenter la TVA, ce serait une faute sociale», a indiqué le député de l'Indre et ancien ministre de l'Economie sur BFM TV-RMC. Il a de plus observé que le coût du travail en France est «globalement du même niveau qu'en Allemagne», pays qui «a des excédents commerciaux colossaux».

Une «mauvaise plaisanterie» pour Mélenchon

Le candidat du Front de gauche, Jean-Luc Mélenchon, s'est également déclaré opposé à une telle mesure. «Vous la trouverez moins bonne (cette idée) le jour où vous verrez arriver que la moindre marchandise que vous voulez acheter vous coûtera 2 ou 3 points de TVA de plus qu'aujourd'hui», a-t-il déclaré sur France Info.

«Quelle mauvaise plaisanterie. Si l'on veut lutter contre la délocalisation, il faut empêcher que les entreprises délocalisent pour profiter du dumping social, c'est-à-dire du fait que des marchandises coûtent moins cher ailleurs parce que le travail y est moins bien payé et produit dans des conditions environnementales lamentables», a-t-il poursuivi. Jean-Luc Mélenchon a appelé à la mise en place de «visas d'entrée aux marchandises» pour rééquilibrer les échanges commerciaux.

B.D. avec Reuters
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