Hausse des tarifs TGV-SNCF: les associations d'usagers s'indignent

ECONOMIE – La hausse de 3,2% suscite l’ire des associations d'usagers et du Parti socialiste...

M.B.

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Un TGV de la SNCF à Perpignan en janvier 2011.

Un TGV de la SNCF à Perpignan en janvier 2011. — DAMOURETTE/SIPA

La pilule a vraiment du mal à passer. Le débat est vif depuis que la SNCF a annoncé mardi l’augmentation de ses tarifs de 3,3% à partir du 3 janvier prochain.

«Nous sommes scandalisés. Cette hausse intervient quelques jours après l’annonce de bénéfices records à la SNCF. Encore une fois, l’usager est traité comme une vache à lait», s’est indigné Willy Colin, porte-parole de l’Association des voyageurs usagers des chemins de fer (Avuc), sur les ondes de France Info. Un argument que Manuel Valls, directeur de la communication de François Hollande, candidat socialiste à la présidentielle, a repris à son compte ce mercredi sur RTL.

Bénéfices records

En effet, la SNCF a versé un dividende à l'Etat de 230 millions d'euros cette année. Jean-Claude Delarue, président de la Fédération des Usagers des Transports et des Services Publics (FUTSP) a estimé de son côté, toujours sur RTL, que l’Etat aurait pu rendre à l’entreprise une partie de cette somme pour réduire voire supprimer cette hausse.

Au final, la SNCF a décidé que le prix des billets des TGV et des trains interrégionaux Téoz et Lunéa serait augmenté de 1,7%, soit l'équivalent de l'inflation annuelle. En outre, elle répercutera la hausse du taux de TVA de 5,5% à 7% décidée par le gouvernement ce qui représentera une augmentation moyenne de 60 centimes d'euro du prix du billet pour les voyageurs TGV. Pour atténuer cet effet, la compagnie annonce qu'elle va geler les prix des réservations pour les abonnements forfaitaires de TGV, ainsi que pour ceux des étudiants, des élèves et des apprentis.

Impact environnemental

Néanmoins, la Fédération Nationale des Associations d'Usagers des Transports (FNAUT) déplore la décision du gouvernement relative à la TVA notamment pour son impact écologique. Pour elle, les transports publics - urbains, routiers et ferroviaires - font partie des services de première nécessité, et leur usage devrait être encouragé selon les objectifs du Grenelle de l'environnement. Jean-Claude Delarue note d’ailleurs que les tarifs de la SNCF ont grimpé de 12% depuis quatre ans, ce qui peut amener certains usagers a préférer l’utilisation de leur voiture pour réduire leur budget transport.

La FNAULT reconnaît bien volontiers que la SNCF doit supporter la hausse des péages exigés par Réseaux ferrés de France (RFF) pour lui permettre de rénover et de moderniser le réseau classique après plus de 20 ans d'abandon.

Cependant, elle lui demande de maintenir parallèlement aux lignes à grande vitesse un minimum de services ferroviaires Intercités, plus lents mais aux tarifs plus accessibles.

«Augmenter les tarifs alors qu’il n’y a pas d’augmentation de la qualité du service, c’est quand même très mal venu. Il y a beaucoup de lignes comme Tours-Paris, Le Mans-Paris où les retards s’accumulent. C’est un cocktail assez difficile à avaler pour les usagers en ce début d’année», conclut Jean-Claude Delarue.

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