Pourquoi 2012 sera une année noire pour l'emploi

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Publié le 27 décembre 2011.

TRAVAIL – Le taux de chômage pourrait grimper à 10,7%...

Les mauvais chiffres du chômage annoncés lundi sont malheureusement un avant-goût de ce que 2012 nous réserve. En novembre, 29.900 personnes, l’équivalent de la population d’une ville comme Mont-de-Marsan (Landes) ou Saint-Cloud (Hauts-de-Seine), sont venues rejoindre la cohorte des chômeurs de catégorie A (ceux qui n’ont pas travaillé du tout), soit une augmentation de 1,1% comparé à octobre. Ils sont désormais 2.844.800 dans l’Hexagone. C’est la quatrième progression consécutive du nombre de demandeurs d’emploi. A ce rythme, la barre symbolique des trois millions sera franchie en juin prochain.

Pire encore, en incluant les demandeurs d’emploi qui ont exercé une activité réduite (catégorie B et C), le nombre de chômeurs a progressé, le mois dernier, de 1,2% pour atteindre les 4.510.500 en France (DOM inclus). Du jamais vu depuis novembre 1999.

En moyenne sur le troisième trimestre 2011, le taux de chômage au sens du BIT s’établit à 9,3 % de la population active en France, en hausse de 0,2 point par rapport au deuxième trimestre 2011. Mais ce n’est que le début, à en croire les prévisionnistes.

10,4% de chômage pour l’OCDE

L’OCDE a récemment indiqué que le chômage en France devrait atteindre les 10,4% à la fin 2012. Une hypothèse balayée du revers de la main par le ministre du Travail et de l'Emploi. A quatre mois de l’élection présidentielle, il est vrai, une telle perspective fait désordre.

Néanmoins, Xavier Bertrand ne prétend plus, comme il l’a martelé avec force tout au long de l’année, que le taux de chômage sera repassé sous la barre des 9% à la fin décembre. Il insiste volontiers sur le fait que les efforts du gouvernement vont finir par porter leurs fruits malgré la crise.

10,7% pour l’OFCE

Un optimisme que ne partage pas du tout l’Observatoire français de conjoncture économique (OFCE). Ses économistes tablent sur un taux de chômage à 10,7% à la fin 2012, du jamais vu depuis 1997. Henri Sterdyniak n’hésite pas à parler d’une année catastrophique. «On prévoit une croissance nulle pour les 18 mois à venir et donc, naturellement, les entreprises n'embauchent pas et cherchent au contraire à diminuer leur personnel», explique-t-il. A l’image d’Areva, PSA ou BNP Paribas ces dernières semaines, la litanie des plans de restructuration est loin d’être terminée.

Aux yeux de l’OFCE, l’un des moyens de stopper cette spirale infernale consiste à revenir sur les politiques d’austérité enclenchées de concert dans tous les pays européens et opter pour une vraie relance de l’activité.

M.B.
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