Essence: La chute du nombre de stations-service fait grimper les prix

ECONOMIE 500 stations-service ferment chaque année en France...

M.B.

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Une station essence sur l'autoroute A28, près  du Mans, le 11 avril 2001.

Une station essence sur l'autoroute A28, près du Mans, le 11 avril 2001. — AFP PHOTO/ALAIN JOCARD

Une hécatombe. En 1975, la France abritait pas moins de 47.500 stations-service. En 2011, leur nombre est passé sous le seuil des 12.000. La barre des 10.000 sera enfoncée dans trois ans, révèle une enquête du Parisien ce lundi. Et pour cause.

500 stations-service ferment chaque année

«500 stations disparaissent chaque année dans l’Hexagone», indique Jean-Louis Schilansky, le président de l’Union française des industries pétrolières (Ufip). Trois raisons expliquent, selon lui, cette hémorragie. D’une part, à l’instar des petites épiceries de quartiers qui ont fermé à tour de bras ces dernières années, les petites stations «ont vu leur volume fondre de manière drastique» en raison de la percée de la grande distribution. D’autre part, plusieurs pompistes n’ont pas pu faire face aux investissements liés aux règles environnementales. Enfin, de nombreux professionnels n’ont pas trouvé de repreneur au moment de partir à la retraite.

Logique boursière

Thomas Porcher, économiste à l’institut ESG Research, interrogé par le quotidien, en rajoute une quatrième: la logique boursière. «Le souci de rentabilité maximale pousse de plus en plus les opérateurs à se séparer des unités les moins efficaces afin de satisfaire les plus gros actionnaires. Ainsi, à mesure que le prix du pétrole augmente, la branche exploration-production (chargée de rechercher les gisements) augmente ses profits. Mécaniquement, la branche aval, c'est-à-dire les raffineries et les stations-service, devient de moins en moins rentable. Le danger indirect pour les stations-service réside donc dans l’augmentation du prix du pétrole sur le long terme, amenant les compagnies à se consacrer de plus en plus à l’exploration au détriment de la distribution.»

En Europe,  la France pointe désormais à la troisième place pour le nombre de voitures par stations-service (2.638), juste derrière l’Allemagne (2.799) et la Grande-Bretagne (3.163).

Alors bien sûr, les automobiles d’aujourd’hui consomment moins que celles d’hier. Elles sont passées de 14 litres au 100 km il y a vingt ans, à 5 litres aujourd’hui.

Moins de concurrence donc hausse des prix

N’empêche, qui dit raréfaction des stations, dit concurrence moindre, d’où prix à la pompe plus élevé. CQFD. Une hausse qui ne touche pas tous les Français de la même manière. Les écarts selon les régions peuvent atteindre 14 centimes par litre. «Il est vrai que dans certaines stations éloignées des principaux axes routiers, les prix sont plus élevés. Idem pour les grands centres urbains. Mais cela s’explique en grande partie par le fait que les coûts d’exploitation liés notamment à l’acheminement du carburant, y sont également plus élevés, avec des volumes plus faibles. Ces stations offrent la plupart du temps un service de proximité et de dépannage qui peut justifier le différentiel de prix», avance Jean-Louis Schilansky.

La Vendée détient la première place du département où l’on trouve la station-service la plus chère de France avec un litre de gazole à 1,74 euro. Elle est suivie par les Pyrénées-Atlantiques et l’Ile-de-France (1,69 euro). La Charente s’en tire le mieux avec 1,28 euro le litre.

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