«AAA»: La dégradation de la note française est imminente

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Publié le 13 janvier 2012.

ÉCONOMIE - L'exécutif dédramatise l'inévitable...

Opération déminage. Depuis le début de la semaine, le président de la République et les membres du gouvernement préparent l’opinion à la perte du «AAA», accolée à la dette souveraine française, qui devrait intervenir d’ici Noël.

Une dégradation pas insurmontable

Dans une interview publiée lundi par Le Monde, Nicolas Sarkozy avait donné le ton estimant qu’une dégradation serait une difficulté de plus mais ne serait pas insurmontable.

Standard & Poor's (S&P) a placé, le 5 décembre, le triple A français sous «surveillance négative», avec les notes de 14 autres des 17 pays de la zone euro, dont l'Allemagne. En clair, l'agence de notation envisage de l'abaisser dans les prochaines heures, sinon les prochains jours. Contrairement à son voisin d’outre-Rhin, la France est menacée d'une dégradation de deux crans de sa note.

La perte du triple A «ne serait pas un cataclysme» même si elle ne serait pas une «bonne nouvelle», a renchéri mercredi le chef de la diplomatie française, Alain Juppé, dans une interview aux Echos. Une sortie qui a relancée la spéculation d’une dégradation imminente. La Bourse de Paris a clôturé en repli de plus de 3%. Dans la foulée, une journaliste de France Inter lançait sur son compte Twitter, que l'annonce de S&P devait intervenir dans la nuit de mercredi à jeudi.

Selon Le Monde, l’Elysée n’était pas informé mercredi soir d’une perte du «AAA». Or, rappelle le quotidien, les Etats sont prévenus par les agences douze heures avant l’annonce officielle de leur décision.

Nathalie Kosciusko-Morizet, la ministre de l'Ecologie a de son côté admis jeudi matin sur France Info qu'un abaissement de la note serait un «inconvénient en plus». Mais, selon elle, l'exemple des Etats-Unis à montré que l'on «pouvait vivre avec» et que «l'économie continuait à tourner».

Son de cloche similaire de Christian Noyer, le gouverneur de la Banque de France. Dans les pages du Télégramme, ce matin, il a estimé: qu’ «il ne faut pas exagérer la portée de cette (possible) dégradation d'autant plus que les agences ont dégradé récemment la plupart des grandes banques, dans les pays développés».

Un optimisme fustigé par l’opposition

Un optimisme que fustige l’opposition. Le président PS de la commission des Finances à l’Assemblée nationale, Jérôme Cahuzac, a critiqué mercredi l'acceptation «par avance» par l'exécutif d'une perte de la note «AAA» aura des effets «très pénalisants pour la France pendant de très nombreuses années, car ils impliqueront un coût supplémentaire pour se refinancer».

De nombreux spécialistes redoutent une flambée des taux d'intérêts pesant sur la dette française, surtout si l'abaissement de la note était de deux crans.

Une hausse d’un point entraînerait un surcoût pour les caisses de l’Etat de trois milliards d’euros par an, selon l’agence Moody’s.

Dans une récente entrevue accordée à 20 Minutes, Norbert Gaillard, spécialiste des agences de notation, jugeait très forte la possibilité que la note hexagonale soit dégradée d’ici la fin de l’année. «Chez S&P, la probabilité de dégradation après une mise sous surveillance négative est de 70%. Dans 30% des cas, il y a confirmation de la note avec un retour à la perspective stable. Mais nous sommes dans un scénario de conjoncture très défavorable», expliquait-il ainsi.

Une dégradation à relativiser, dixit Carol Sirou, la patronne de S&P en France. «Même si sa note devait être abaissée, elle restera à un niveau extrêmement élevé, soit l’équivalent d’un 19 ou 18 sur 20. Ce n’est pas comme si d’un coup la France devenait le “cancre” de la classe».

Mathieu Bruckmüller
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