Michel-Edouard Leclerc en a ras-le-bol du climat anxiogène dans lequel est plongé la France. A l’occasion d’un point de presse ce mardi, il a fustigé le débat qui s’intensifie sur l’éventualité de la fin de la monnaie unique. «Tous les débats sur la sortie de l’euro, c’est déconnant… Sur un plan pratique, cela coûterait une fortune. On a mis dix ans pour préparer les mentalités, de l’école jusqu’à l’hypermarché. Défaire tout cela sous la pression d’un problème de conjoncture n’a aucun sens. Je m’étonne de voir des élites politiques oser l’aborder. Pour moi, c’est soit de la fainéantise intellectuelle, soit de l’incompétence et surtout c’est de la manipulation.»
Selon une projection de l'institut Montaigne parue ce mardi dans Les Echos, une sortie volontaire de la France de la zone euro détruirait jusqu'à un cinquième de la richesse nationale sur dix ans et détruirait un million d'emplois.
Pour le patron des centres Leclerc, rien ne justifie ces discours alarmistes si ce n’est de la mise en scène préélectorale: «Il n’y a pas lieu d’imaginer aujourd’hui une sortie de l’euro. Ce serait pure spéculation. C’est pour faire peur.» Un climat délétère qui n’est pas étranger aux pressions effectuées selon lui par les agences de notation. «On oublie que tous ces types se sont trompés sur la crise. Ils ne l’ont pas prévue. Ils se sont trompés en 2008. Ils sont souvent à l’origine de la crise. Ils viennent donner des leçons aux Etats, à nos démocraties, ils font et défont les leaders», s’est-il exclamé.