Cette fois, c'est officiel. Le ministre de l'Energie, Eric Besson, a annoncé mardi une augmentation du prix du gaz de 4,4 % dès le 1er janvier 2012. Une hausse dénoncée par l'UFC Que Choisir.
C'est donc la fin du suspense qui durait depuis l'invalidation par le Conseil d'Etat du gel des tarifs de GDF Suez décidé en octobre.
Le Premier ministre François Fillon s'était engagé il y a une semaine à ce que l'augmentation ne dépasse pas les 5%, jugeant que la hausse de 10% à laquelle l'application d'une règle de calcul officielle aurait dû normalement conduire était «inacceptable».
Pour limiter l'augmentation à 4,4%, le gouvernement a décidé de modifier cette règle de calcul.
Nouveau mode de calcul
Dans le détail, la nouvelle règle dépendra plus fortement des cours du gaz sur le marché au comptant (ou «spot»), qui sont actuellement plus sages que les prix de ses contrats de fourniture à long terme. Par ailleurs, elle intégrera désormais les importations de gaz naturel liquéfié (GNL), qui aident GDF Suez à réduire ses coûts.
«La protection du pouvoir d'achat des Français et leur sécurité d'approvisionnement sont les deux priorités du gouvernement. Cette nouvelle formule va permettre de limiter à 4,4% l'augmentation des tarifs du gaz, alors que l'ancienne formule aurait abouti à une augmentation de 10%», a assuré Eric Besson.
Le gouvernement s'est donc rangé à l'avis de la Commission de régulation de l'énergie (CRE). Dans un rapport rendu fin octobre, elle a proposé que l’indexation des prix du gaz sur le pétrole soit ramenée à 70% contre 90%. Un chiffre qui reflète davantage la réalité de l’approvisionnement des producteurs comme GDF Suez.
Malgré tout, les associations de consommateurs restent sur leur faim. L'UFC Que Choisir parle d'annonce «économiquement injustifiée». Selon elle, l'ancienne formule a entraîné une hausse des tarifs de 27% depuis avril 2010, permettant à GDF-Suez de dégager des « surmarges ». «Face à ces hausses injustifiées supportées depuis 2 ans par le consommateur, comment admettre aujourd’hui une nouvelle hausse de prix ?», s'interroge-t-elle.
Revalorisation de 10% du tarif social
Pour faire passer la pilule, Eric Besson a indiqué que le tarif social du gaz, une mesure dont bénéficient environ 300.000 foyers à bas revenus, va être revalorisé de 10%. Ce dispositif instauré en 2008 permet une réduction forfaitaire des factures de gaz, sous conditions de ressources. Cette revalorisation signifie que «la réduction moyenne pour un foyer de quatre personnes chauffé au gaz et éligible à la CMU complémentaire passera de 142 euros à 156 euros par an», précise le communiqué. Une «bonne nouvelle» en trompe l’oeil, rétorque l'UFC Que Choisir. En effet, selon elle, le bénéfice des tarifs sociaux n’est pas automatique, ce qui explique qu’aujourd’hui, seul 1/3 des bénéficiaires théoriques en profite effectivement. En outre, une partie des ménages défavorisés sont au chauffage collectif et ne sont pas, de facto, éligibles à ce tarif social, pointe-t-elle.