Perte du triple A: Quelles conséquences pour la ville de Paris?

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Publié le 14 janvier 2012.

ECONOMIE - Une collectivité française ne peut être notée au-dessus de l'Etat...

Archives 20minutes: ce papier a été créé le 9 décembre 2011, mais ses informations sont toujours d'actualité. Il a de plus été mis à jour ce samedi.

La Ville de Paris et la région Ile-de-France sont désormais dans le collimateur des agences de notation. Standard and Poor's vient d'annoncer que ces deux collectivités verraient leur très bon  «triple A» dégradé si cela arrivait à l'Etat français. Or, la situation est sur le point de se produire.

«Pour nous, une collectivité française ne peut être notée au-dessus de l'Etat, car en cas de défaillance du souverain il y a un risque que la Ville de Paris ou la région Ile-de-France fasse défaut sur sa propre dette», explique Bertrand de Dianous, analyste crédit chez Standard and Poor's. Ce ne seraient donc pas les finances franciliennes qui seraient jugées, mais le fait que l'Etat dont elles tirent environ 30 % de leurs financements ne serait plus aussi fiable qu'avant.

«Le pilotage budgétaire de la ville de Paris est très bon»

Un coup dur pour Paris ? Pas vraiment, selon l'agence de notation. «Le pilotage budgétaire de la ville de Paris est très bon, selon Bertrand de Dianous. Elle s'est dotée d'outils informatiques, de procédures et d'un personnel qualifié pour réagir très vite à la conjoncture. Sur les variations de droits de mutation, elle a su adapter son budget, hiérarchiser ses dépenses. Les taux de fiscalité bas, une population relativement aisée et un important patrimoine immobilier cessible sont aussi garants de sa bonne santé budgétaire et de marges de manoeuuvres importantes.»

Certes, la Ville s'est endettée depuis le début des années 2000 à coup de gros investissements, « sans commune mesure avec les mandatures précédentes », mais une ville qui dépense n'est pas forcément un mauvais indicateur pour les agences de notation, qui y voient aussi le signe d'un dynamisme. Pour Bernard Gaudillère, adjoint (PS) chargé des finances à la Mairie de Paris, s'il faut «déplorer en tant que citoyen que l'Etat français aille mal», les conséquences sur les taux d'emprunt ne seraient pas automatiques. «Ceux à qui nous empruntons, qui sont davantage des compagnies d'assurance, des fonds de placement ou de pension que des banques, ne se contentent généralement pas des notes que nous recevons. Ils procèdent eux-mêmes à leurs analyses de notre situation financière, qui est excellente», raconte-t-il. Et dans le cas où les prêteurs ne seraient pas convaincus, l'impact financier serait tout relatif. «Nous investissons entre 500 et 600 millions d'euros par an. Un taux d'emprunt supérieur de 1 point nous ferait perdre 5 millions.» Une paille sur un budget annuel de 8 milliards d'euros.

Magali Gruet
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