Les économistes voient la France perdre son AAA dans 3 mois

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Publié le 7 décembre 2011.

ECONOMIE - La seule question est de savoir si la note sera abaissée d'un cran ou de deux...

La plupart des économistes estiment que la France va perdre sa précieuse note AAA au début de l'année prochaine, malgré les efforts des responsables européens pour résoudre la crise dans la zone euro, selon une enquête réalisée par Reuters.

Sur les 13 économistes interrogés, 11 estiment que la France verra sa note dégradée dans les trois prochains mois par une des trois principales agences de notation.

La seule question est de savoir si la note sera abaissée d'un cran ou de deux.

«Si l'on applique la méthodologie de Standard & Poor's, qui s'appuie sur des critères quantitatifs, la France est déjà AA, comme devraient l'être les Etats-Unis et la Grande-Bretagne», estime Jean-Christophe Caffet, économiste chez Natixis.

Il souligne toutefois que les notes ne reflètent pas uniquement des critères quantitatifs, mais aussi la crédibilité des stratégies budgétaires des gouvernements et leurs performances passées, ce qui rend toute prédiction hasardeuse.

«Seuls ceux qui travaillent dans les agences peuvent le dire», dit-il.

Les inquiétudes concernant la note souveraine de la France ont augmenté à mesure que la crise s'est étendue à d'autres pays de la zone euro.

L'agence de notation Standard and Poor's a placé lundi les notes de 15 pays de la zone euro sous surveillance avec implication négative, précisant que six d'entre eux pourraient être dégradés d'un cran, et les autres, dont la France, de deux.


Des banques très exposées

Les finances publiques de la France ne semblent pas en pire état que celles du Royaume-Uni, dont la note triple A n'est pas directement menacée.

Mais la France est regardée avec attention par les marchés en raison de la forte exposition de ses banques aux dettes italienne et grecque et d'une prévision de croissance faible qui fragilise les objectifs de réduction des déficits.

De nombreux économistes prévoient désormais une croissance très faible l'an prochain, voire une récession, loin de la prévision de 1% du gouvernement.

Contrairement à ce qui a été fait au Royaume-Uni, Nicolas Sarkozy a refusé les coupes drastiques dans les dépenses publiques et a augmenté de nombreuses taxes.

Les analystes doutent qu'il puisse aller plus loin d'ici l'élection présidentielle du printemps, la campagne contre le candidat socialiste François Hollande s'intensifiant.

«Notre scénario pour l'an prochain, une contraction de 0,7%, n'est pas vraiment favorable à ce que la France atteigne ses objectifs de déficit», déclare Guillaume Menuet, économiste chez Citigroup.

«Globalement, nous attendons une croissance plus faible, des engagements financiers supplémentaires et un soutien plus important pour les banques et, si le gouvernement n'arrive pas avec un plan raisonnable, une dégradation», a-t-il ajouté.



Une dégradation anticipée

Quant aux projets de Nicolas Sarkozy et de la chancelière allemande Angela Merkel pour stabiliser la zone euro, qui seront discutés vendredi lors d'un sommet européen, une majorité d'analystes estime qu'ils ne permettront pas d'éviter une dégradation de la France.

«S&P veut une véritable intégration pour un groupe restreint de 17 pays, avec de véritables institutions et un partage des budgets», souligne Pierre-Olivier Beffy, économiste chez Exane. «Ces conditions difficiles ne pourront être remplies d'ici la fin de la semaine.»

Peu d'économistes estiment toutefois qu'une dégradation de la France aurait un impact considérable sur ses coûts d'emprunt.

Selon certains d'entre eux, les investisseurs ont déjà pris en compte une dégradation de la France et les agences ne feraient ainsi que s'aligner sur ce qui est déjà une réalité.

L'impact le plus important d'une dégradation de la France serait, selon cette enquête, sur la qualité de crédit du Fonds européen de stabilité financière (FESF), qui dépend de celle des pays qui le garantissent, au premier rang desquels la France et l'Allemagne.

«Ceci met en lumière le fait qu'en cas de vraie aggravation de la crise, la seule institution capable d'éteindre le feu à court terme est la Banque centrale européenne»", a dit Pierre-Olivier Beffy.

Reuters
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