Nicolas Sarkozy à Paris, le 28 novembre 2011.
Nicolas Sarkozy à Paris, le 28 novembre 2011. - WITT/SIPA

ECONOMIE Au moins 300.000 euros, estime le député PS René Dosière...

Le  «grand discours» sur la crise et l'Europe que doit prononcer Nicolas Sarkozy ce jeudi à 18h30 à Toulon (Var) est parasité par les accusations des socialistes pour qui il se sert de ses visites en province, aux frais de l'Etat, pour préparer l'élection présidentielle de 2012.

93.000 euros pris en charge par l’Elysée

Interrogé ce matin sur France Inter, le spécialiste du budget de l’Elysée, René Dosière avance qu’un tel déplacement devrait coûter un peu plus de 300.000 euros. 93.000 euros seraient pris en charge par l’Elysée, 10 à 15.000 euros par les collectivités locales. Reste un surcoût de 200.000 euros lié à la présence policière que le député PS qualifie «d’extraordinaire».

Le Parti socialiste a saisi mercredi la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP) sur le coût des déplacements de Nicolas Sarkozy. Ceux-ci, selon le PS, relèvent en effet d'une campagne électorale et non de l’exercice de la fonction présidentielle.

Dans un entretien accordé à Libération ce jeudi, son président, François Logerot a indiqué qu’au sens du code électoral, il ne pouvait affirmer que Nicolas Sarkozy est en campagne.

En 2010, il aurait effectué 45 déplacements en province. Le rythme s’est accéléré, note René Dosière pour atteindre 70 à 75 cette année. Le coût pris en charge par l’Elysée représente huit à neuf millions d’euros par an, calcule le député.

Multiplication des déplacements

Il s’interroge sur la multiplication des déplacements présidentiels à l’approche de l’élection de 2012. «On voit bien que la tonalité de ses discours a un peu changé. Il pourrait défendre son bilan, or il attaque l’opposition. La ficelle est un peu grosse», juge René Dosière qui estime la situation sans précédent.

«C’est la première fois qu’un président fait campagne tout seul. Avant, vous aviez un président et un Premier ministre qui tous les deux se surveillaient. Là, c’est la première fois qu’un président peut faire ce qu’il veut. On n’a pas l’auto-surveillance qui était celle de Jospin et de Chirac» en 2002, illustre-t-il.

Sur son blog, René Dosière s’interrogeait cet été sur l’ampleur des moyens utilisés par le Président lors de ses déplacements, à la suite d’un rapport de la Cour des comptes sur les comptes 2010 de l’Elysée: «Trois avions pour aller à Bruxelles (à 200 km de Paris), c’est manifestement excessif. De même, l’utilisation de plusieurs avions pour se déplacer en France est particulièrement coûteuse.»

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