Après huit mois de guerre et quatre décennies d'une politique économique aléatoire, menée sous la houlette fantaisiste de Mouammar Kadhafi, les nouveaux dirigeants libyens entendent s'atteler dès que possible à la refonte de l'économie de leur pays.
Sous le dirigeant déchu Mouammar Kadhafi, tué le 20 octobre dernier après sa capture par les combattants du nouveau régime, l'Etat dirigeait presque entièrement l'économie mais sans direction précise, en mélangeant socialisme et capitalisme, paternalisme et népotisme.
Résultat: une économie rentière reposant sur le pétrole, un secteur privé faible et des infrastructures négligées.
Diversifier l’économie avant tout
La Libye est un pays riche mais le taux de chômage y dépasse les 30%. La guerre a mis l'économie à l'arrêt pendant des mois, le secteur bancaire doit encore être pleinement relancé et le problème de liquidités subsiste.
Le pétrole reste l'assise de l'économie libyenne, en contribuant à hauteur de 98% aux recettes à l'exportation. Affectée par le conflit, la production pétrolière devrait atteindre 700.000 barils par jour d'ici la fin de l'année, contre 1,6 million bj avant la guerre.
Mais cette ressource n'est pas éternelle et il est nécessaire de diversifier l'économie, a dit le vice-Premier ministre Moustapha Bou Chagour devant des dizaines d'hommes d'affaires libyens réunis cette semaine à Tripoli pour discuter des moyens de relancer et moderniser l'économie.
Il faut "gérer les revenus du pétrole de manière sage" et dépasser le modèle économique trop centré sur l'or noir en développant d'autres sources de revenus, selon lui.
Attirer les fonds étrangers
Les nouveaux dirigeants entendent promouvoir le secteur privé. Mais pour cela, il faudrait se lancer dans une réforme législative pour supprimer les lois adoptées sous Kadhafi et qui entravent l'action de ce secteur.
Ces lois seront-elles amendées pendant ou après la période de transition? La question n'est pas tranchée, même si le Conseil national de transition (CNT), issu de la rébellion qui a renversé le régime Kadhafi, a le pouvoir de légiférer.
Reste que la priorité est d'instaurer un climat propice au retour des hommes d'affaires et des entreprises étrangères qui ont quitté le pays où pullulent les armes depuis la guerre, et ne sont toujours pas revenus.
«Ce que nous demandons en premier, c'est la stabilité et la sécurité, parce que le capital est lâche», explique Okak.
Sur le long terme, il s'agit aussi de repenser l'enseignement, laminé sous l'ancien régime, pour former une main-d’œuvre et des cadres adaptés à une économie moderne.