Discret sur un dossier, très offensif sur l'autre, Nicolas Sarkozy n'a pas la même attitude concernant tous les plans de suppressions de postes. Jeudi dernier, au lendemain des annonces de PSA, le chef de l'Etat a convoqué le président du directoire du groupe. Mais pour les suppressions d'emplois dans le secteur bancaire, Nicolas Sarkozy s'est fait plus discret.
Une attitude très calculée, selon Arnaud Mercier, politologue et professeur en communication à l'université de Metz. «Non seulement les banques sont impopulaires, mais en plus ces restructurations touchent la partie investissement de ces groupes. Il est difficile de défendre les employés sans donner l'impression de défendre la spéculation financière.»
Au contraire, le plan de PSA, comme celui qui pourrait toucher Areva, frappe avant tout les ouvriers. Un public au cœur de l'électorat de Nicolas Sarkozy en 2007, et que le Président doit reconquérir pour 2012. Une stratégie risquée, selon Arnaud Mercier. «Il y a une part de gesticulation. Contre PSA ou contre le groupe indien ArcelorMittal, Sarkozy ne peut pas faire grand-chose. Et les électeurs pourraient lui reprocher des promesses non tenues.»