Le PDG deCarrefour, est sur un siège éjectable. Selon l’agence financière Bloomberg, le groupe Arrnault et Colony Capital, qui détiennent à eux deux 16,15% du groupe et 22,14% des droits de vote, exigeraient un redressement des comptes d’ici la fin de l’année, sans quoi le PDG devra prendre la porte. En effet, ils sont entrés chez Carrefour pour un prix de revient estimé à 53 euros par action. Elle vaut désormais moins de 18 euros. Depuis un an, le titre du deuxième distributeur au monde a perdu plus de 50% à la Bourse de Paris.
Délais très courts
Mais inverser la tendance dans les délais impartis sera très difficile. «Il semble peu probable que Carrefour arrive à améliorer sa rentabilité sur les derniers mois de l’année au regard de la dégradation rapide de la conjoncture dans le G4 (France, Espagne, Italie, Belgique), environnement aggravé par ses propres faiblesses, qui se traduisent notamment par un recul continuel de ses parts de marché depuis l’été. En octobre, le groupe a encore perdu 0.7 point de parts de marché en France au bénéfice de son principal concurrent, Leclerc», explique Jean Marie L’homé, analyste chez Aurel BGC. Elle n’est plus que de 24%, contre près de 17% pour Leclerc.
Crédibilité en berne
Mais le possible départ de l’ancien patron de Nestlé, dont la crédibilité en interne semble bien entamée, ne résoudra pas les difficultés du groupe d’un coup de baguette magique.
«En 2012, nous pensons que Carrefour devrait avoir des difficultés croissantes à maintenir ses parts de marché et sa rentabilité compte tenu de la dégradation de l’environnement économique, d’une concurrence de plus en plus agressive, de moyens de plus en plus réduits… et d’un manque de compétitivité chronique lié à la dégradation de la motivation des personnels et aux erreurs de gestion des magasins», avance Jean Marie L’homé. Carrefour n’est pas sorti de l’auberge.