Vers une baisse de 6% des prix de l’immobilier en 2012?

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Publié le 21 novembre 2011.

ECONOMIE - Malgré la hausse des taux d'intérêt, les acheteurs pourraient s'y retrouver...

Le marché de l’immobilier fait face à des vents contraires. D’un côté, les prix semblent avoir atteint un pic. Depuis le 1er juillet, ils ont baissé de 4,1%, selon meilleursagents.com. De bon augure en apparence pour les acheteurs. Pourtant, la situation est moins favorable qu’il n’y paraît.

Après avoir augmenté de 0,5 point depuis le début de l’année, les taux d’intérêt des crédits immobiliers s’étaient stabilisés. Mais cela ne va pas durer, selon le dernier observatoire du crédit Immobilier réalisé par le courtier Meilleurtaux. Ce mois-ci, 39% des établissements ont déjà relevé de 0,1% le taux de crédit à taux fixe. Et ce n’est qu’un début. En raison des craintes de contagion de la crise de la dette en Europe, l'OAT 10 ans, c'est-à-dire le taux des obligations d'Etat utilisé par les banques pour calculer leur taux de crédit, est passé de 2,45 % le 12 septembre -son plus bas niveau historique- à 4,01% le 17 novembre.

Pas de doute, les banques choisiront de répercuter ces évolutions sur leurs clients pour se recapitaliser. «Nous privilégions le scénario d'une hausse graduelle mais modérée des taux», veut croire Hervé Hatt, directeur général de meilleurtaux.com. Il constate pourtant d’une institution à l’autre des écarts de 0,8 point, parfois même au sein d’une même ville. Raison de plus pour faire jouer la concurrence.

Des banques plus sélectives

A cela s’ajoute la prudence renforcée des établissements financiers. Pas de doute, ils sont de plus en plus sélectifs. Ne pas avoir eu de découvert sur son compte depuis plus d’un an est désormais un gros plus. Des banques demandent un apport de 10% pour couvrir les frais, voire 20% pour obtenir un très bon taux. Certaines ne proposent plus de prêts au-delà de 30 ans, voire 25 ans. Les profils les moins risqués sont gagnants. «Même si on peut encore obtenir un crédit pour d’autres profils (les foyers monoparentaux, les indépendants…)», rassure Hervé Hatt.

Pour les primo-accédants, le dernier plan de rigueur du gouvernement a durci la donne. A compter du 1er janvier, le PTZ+ (prêt à taux zéro) va disparaître dans l'ancien, où se concentrent les trois-quarts des transactions immobilières. «Pour un couple avec deux enfants achetant un bien ancien en zone A (Ile-de-France) à 300.000 euros, la perte du PTZ+ accroît le coût de leur crédit de plus de 12.000 euros», calcule Sandrine Allonier, responsable des études économiques chez meilleurtaux.com.

Pouvoir d’achat immobilier en berne

Une somme non négligeable alors que le pouvoir d'achat immobilier des Français s'est fortement contracté ces dix dernières années avec une multiplication des prix par deux.

«Les revenus des ménages ont certes progressé depuis 2000, mais de manière bien plus contenue que les prix immobiliers», explique l’économiste Nicolas Bouzou. Conséquence: au premier trimestre de l’année, la demande s’est affaissée de 20% par rapport au trois premiers mois de 2010.

Logiquement, les prix s’adoucissent. Le Crédit agricole envisage même un repli de 5 à 6% en 2012, dans l’ancien.

Une baisse qui pourrait ainsi compenser une hausse des taux de crédit supplémentaire de 0,5 point, selon les simulations de Meilleurtaux.com.

Dans ces conditions, l’appétit pour la pierre risque de rester élevé. Selon un sondage Ipsos, pour 39% des Français, l’immobilier reste une valeur refuge devant les livrets A et l’assurance-vie.

Mathieu Bruckmüller
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