Grande-Bretagne: patrons et gouvernement cherchent le salut loin de l'Europe

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Publié le 21 novembre 2011.

ECONOMIE - Au cours de la conférence annuelle de la confédération patronale britannique, dirigeants économiques et politiques se sont exprimés...

De plus en plus inquiets des retombées de la crise dans la zone euro, patrons et gouvernement britanniques ont promis lundi de redoubler d'efforts pour séduire les pays émergents et diminuer ainsi la dépendance de leur économie à une Europe menacée de débâcle. La conférence annuelle de la confédération patronale britannique, la CBI, a permis de mesurer l'ampleur des craintes des dirigeants économiques et politiques sur l'impact de la tempête secouant une région représentant plus de 40% des échanges commerciaux du Royaume-Uni.

Viser les pays à forte croissance

«La crise persistante de la zone euro prouve à quel point il est essentiel de diversifier nos exportations vers des pays à forte croissance», a assuré le directeur général de la CBI, John Cridland, en citant les BRIC (Brésil, la Russie l'Inde et la Chine) mais aussi l'Indonésie, le Mexique, le Vietnam et la Turquie. «Notre message est qu'il y a un besoin urgent de prospecter de nouveaux marchés à forte croissance plutôt que de continuer à compter sur les marchés traditionnels, beaucoup moins fertiles, de nos voisins proches», a renchéri le président de la confédération, Sir Roger Carr.

Selon un sondage publié à l'occasion de cette conférence, 70% des dirigeants de grandes entreprises considèrent la crise des dettes souveraines en Europe comme «le principal facteur susceptible d'affecter en 2012 l'économie britannique», dont les perspectives sont déjà très moroses. Plus des deux-tiers de ces patrons envisagent «la possibilité d'une nouvelle crise bancaire» au Royaume-Uni alors que le pays subit toujours les conséquences de la précédente, avec un déficit public de près de 10% du Produit intérieur brut prévu cette année.

Cameron favorable prévient toutefois qu'il n'y a pas de recette magique 

Invité de la CBI, le Premier ministre conservateur David Cameron en a profité pour renouveler ses critiques sur la conduite de la crise par les dirigeants européens, quelques jours après une rencontre à Berlin avec la chancelière allemande Angela Merkel. «La paralysie dans la zone euro alarme les marchés et a des effets réfrigérants sur les économies de nombreux pays, y compris le nôtre», a-t-il dit.

Tout en soulignant qu'il n'y avait pas de «recette magique», Cameron a souligné lui aussi les opportunités à saisir du côté de l'Asie et de l'Amérique latine pour assurer de nouveaux débouchés au Royaume-Uni. Il a expliqué à son auditoire qu'il était «fier de remplir des avions d'hommes et de femmes d'affaires lors de déplacements officiels à l'étranger», n'hésitant pas à «user du pouvoir de la diplomatie pour faire avancer la cause de l'économie britannique». Cameron a notamment cité le cas de la Turquie -dont le président Abdullah Gül était également l'invité de la CBI- qui aurait augmenté de 40% ses échanges commerciaux avec le Royaume-Uni après qu'il s'y soit rendu.

Surmonter la crise de la dette avant tout chose

Fort du soutien de la grande majorité des patrons à sa politique de rigueur, le Premier ministre a réaffirmé que la réduction du déficit restait la pierre angulaire de son action. «C'est l'article 1, paragraphe 1, alinéa 1», a-t-il résumé. Il a assuré que son gouvernement répondrait à une autre demande pressante du patronat en annonçant d'ici la fin du mois des mesures pour inciter des groupes privés à financer de grands travaux d'infrastructure ainsi qu'un plan pour lutter contre le chômage des jeunes qui vient d'atteindre un pic historique. Mais, pour que ces mesures fassent sentir leur effet sur l'économie britannique, «la première chose est de surmonter la crise de la dette» dans la zone euro, a-t-il de nouveau insisté.

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