Le nouveau chef du gouvernement italien Mario Monti a présenté jeudi devant le Sénat ses principaux objectifs, très ambitieux, comprenant, entre autres, la «rigueur budgétaire», la «croissance»" et l' «équité» ainsi qu'une réforme des retraites et du marché du travail.
Sacrifices
«L'absence de croissance a annulé les sacrifices» déjà accomplis par les Italiens ces dernières années, a déploré Mario Monti dans son premier discours devant le Sénat qui sera suivi dans la soirée d'un vote de confiance dont l'issue favorable est acquise.
Mario Monti a toutefois promis le respect de «l'équité» dans la distribution des nouveaux «sacrifices» car «plus leur distribution sera équitable, plus ils seront acceptés».
L'ex-commissaire européen a également annoncé qu'il s'attaquera à deux réformes structurelles réclamées par l'Union européenne et attendues par les marchés, celles des retraites et du marché du travail.
Disparités
Le système des retraites italien est l'un des plus solides d'Europe mais il compte «d'amples disparités de traitement et des secteurs de privilèges injustifiés», tandis que les règles du marché du travail doivent être réformées pour éviter que certains salariés ne soient «excessivement protégés et d'autres privés de protections et d'assurance chômage», a-t-il souligné.
Sur le plan fiscal, Mario Monti a souligné par ailleurs le besoin de réduire la pression fiscale sur le travail et de «réexaminer le poids des prélèvements sur la richesse immobilière».
Dans ce cadre, l'absence de taxe foncière sur la résidence principale depuis son abolition par le gouvernement Berlusconi est une «anomalie» italienne, a-t-il dit.
Plan d'austérité à venir
Après l'adoption de deux plans d'austérité ces derniers mois en Italie, Mario Monti a souligné qu'afin de respecter l'objectif de l'équilibre budgétaire en 2013, le gouvernement évaluera «dans les prochaines semaines la nécessité de nouvelles mesures de correction budgétaire».
Mais l'Italie ne retrouvera la confiance des investisseurs que si elle intervient aussi sur la croissance, a-t-il souligné.
«Nous avons besoin de mesures pour rendre l'économie moins sclérosée, aider la naissance de nouvelles entreprises, améliorer l'efficacité des services publics et favoriser l'emploi des jeunes et des femmes» a-t-il insisté.
Attention à la croissance
Il a souligné que son gouvernement offrira «la même attention» au maintien de la rigueur dans l'assainissement des comptes publics qu'à la croissance, stimulant cette dernière à travers une majeure attention au travail des femmes et des jeunes ou grâce à la lutte contre l'évasion fiscale et le travail au noir.
Il a consacré une partie importante de son discours à l'euro et l'Europe, estimant que «l'avenir de l'euro dépendra aussi de ce que fera l'Italie dans les prochaines semaines» et jugeant que «l'Europe vit ses années les plus difficiles de l'après-guerre».
Mario Monti a finalement annoncé vouloir tenter de réconcilier les Italiens avec la politique et les institutions du pays, après une longue période marquée par une profonde division entre les «pro-berlusconiens» et les «anti-berlusconiens».