Pour Sarkozy, « Frauder la sécurité sociale, c'est voler »

Aides Sociales Le chef de l'Etat était en déplacement hier à Bordeaux

à Bordeaux, Mickaël Bosredon

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Ce n'était pas un meeting de campagne, mais cela y ressemblait fortement. En déplacement hier à Bordeaux, Nicolas Sarkozy s'est rendu dans une caisse d'allocations familiales avant de prononcer un discours sur le modèle social français.

Sept heures de travail pour le RSA
« Frauder la Sécurité sociale, c'est voler », a lancé le chef de l'Etat. Dans son viseur : « Celui qui emploie un salarié sans le déclarer », « celui qui minore ses ressources », « celui qui bénéficie d'un arrêt de travail frauduleux », « celui qui prescrit » ce même arrêt de travail… 3,4 milliards d'euros de fraudes ont été détectées, a-t-il souligné, dont 460 millions concernant la Sécurité sociale, soit 20 % de plus qu'en 2009. Mais Nicolas Sarkozy s'est surtout présenté comme le défenseur du modèle social français, « conçu par le Conseil national de la Résistance [CNR] en 1945 », et qui fait « partie de l'identité de la nation ». Soulignant que le CNR n'avait « pas voulu d'un système d'aumône », il a donc insisté sur « les droits et les devoirs des assurés sociaux ». Avec une annonce à la clé : une expérimentation, d'ici à la fin de l'année, d'une « obligation de travail de sept heures pour les bénéficiaires du RSA » dans une dizaine de départements. « Ce n'est pas pour punir, mais on n'a pas de dignité quand on ne peut survivre qu'en tendant la main », s'est justifié Nicolas Sarkozy. Le « discours de Bordeaux » était donc un plaidoyer en faveur des réformes engagées en France depuis 2007. Et, en premier lieu, celle des retraites. « Au moment de la Libération, l'espérance de vie était de 62 ans. Aujourd'hui, elle est de 78 ans pour les hommes et de 85 ans pour les femmes […]. Qui osera dire aux Français, sans avoir le rouge qui lui monte au nez, que notre réforme des retraites n'était pas nécessaire ? » Selon le Président, la réforme du système social n'est « pas une trahison de notre héritage », mais une « adaptation aux réalités de notre monde ».

Arrêts maladie : un jour de carence dans le public

Le gouvernement a décidé d'ajouter une journée de carence dans le privé pour les arrêts maladie et d'en instaurer une chez les fonctionnaires, qui n'y étaient pas soumis jusqu'à présent. Xavier Bertrand, le ministre du Travail, a confirmé hier la décision d'instituer ce dispositif au nom d'un « effort partagé » et de renforcer les contrôles des arrêts de travail. Un décret obligera ainsi un salarié ayant bénéficié d'un arrêt de travail abusif à rembourser les sommes perçues.

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