La chute de Silvio Berlusconi, un coup très dur pour les affaires de la famille du Cavaliere

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Publié le 12 novembre 2011.

ITALIE - La démission attendue samedi de Silvio Berlusconi est un coup très dur pour les affaires du milliardaire, qui ont toujours été favorisées, selon les analystes, par sa présence à la tête du gouvernement italien...

La Bourse ne pouvait pas être plus claire. Mercredi, au lendemain de l'annonce de sa démission, le titre de son groupe de télévision Mediaset, pénalisé aussi par de mauvais résultats financiers, s'est effondré de 12%. La fin de règne avait pourtant été anticipée, Mediaset ayant chuté de 49% depuis six mois alors que la Bourse de Milan a lâché 30% dans le même temps. «Le marché reconnaît de fait qu'il y avait un conflit d'intérêt» qui favorisait le groupe, souligne Fabrizio Perretti, professeur d'économie à l'université Bocconi de Milan.

Conseil de guerre dans la famille Berlusconi

Signe révélateur, alors que circulaient lundi les premières rumeurs de démission, le Cavaliere n'était pas à Rome mais à Arcore, près de Milan, pour déjeuner avec ses enfants Marina, présidente de la holding familiale Fininvest et de l'éditeur Mondadori, Piersilvio, vice-président de Mediaset, et son ami de toujours, Fedele Confalonieri, président de Mediaset. Un véritable «conseil de guerre» pour réfléchir à «l'avenir de la dynastie», selon le journal de gauche Repubblica alors qu'aux yeux de ses détracteurs, la carrière politique du Cavaliere, troisième fortune d'Italie, a eu un effet plutôt positif sur son patrimoine.

Sa fortune, dont l'origine suscite des interrogations, a bondi de près de 2 milliards de dollars en 1994, année de son premier gouvernement, à près de 13 milliards en 2000 avant que la crise ne la réduise à environ 8 milliards actuellement, selon le magazine Forbes. Car outre les lois «ad personam», censés le protéger des juges, Silvio Berlusconi a fait adopter des lois «ad aziendam», en faveur de son entreprise. «Plusieurs mesures adoptées par le passé ont avantagé Mediaset ou affaibli ses concurrents», relève, sous couvert de l'anonymat, un analyste financier spécialiste du secteur.

Aides publiques et favoritisme des annonceurs

La liste est longue: aides publiques pour acheter des décodeurs, pour lesquelles Mediaset a été condamné par Bruxelles, hausse de la TVA et limitation de la publicité sur les chaînes payantes, qui touchaient son concurrent Sky, attribution gratuite de fréquences TNT au lieu de les mettre aux enchères... En tant que Premier ministre, Silvio Berlusconi a pu s'assurer une certain mainmise sur la télévision publique Rai. Or, «des écoutes ont prouvé que des responsables de la Rai, qui étaient des anciens de Mediaset, s'entendaient sur la grille des programmes avec Mediaset en faveur de ce dernier», rappelle Fabrizio Perretti.

Les annonceurs ont en outre toujours privilégié les télés de l'influent chef du gouvernement, justement en raison de sa fonction. «Si on compare les recettes publicitaires de 2000 à 2010, période durant laquelle Berlusconi a été huit ans au pouvoir, celles de la Rai représentaient 58% de celles de Mediaset en 2000 et 47% en 2010 alors que l'audience de la télévision publique est restée supérieure», calcule Fabrizio Perretti. «Les annonceurs ont plus de mal à dire non» au chef du gouvernement, juge l'analyste financier. «Nous ne pourrons donc pas nous attendre aux mêmes performances», estime Fabrizio Perretti, surtout si le prochain gouvernement décidait de renforcer la concurrence sur le marché de la télévision.

L'avenir semble donc sombre pour l'empire Berlusconi, qui est aussi dans le collimateur de la justice après avoir déjà été condamné en juillet à verser 564 millions d'euros au groupe CIR pour lui avoir ravi le contrôle de Mondadori grâce à la corruption. Le Cavaliere et son groupe risquent ainsi une condamnation pour fraude fiscale dans le procès Mediaset tandis que son fils Piersilvio et Fedele Confalonieri ont été renvoyés en justice de leur côté dans une autre affaire de fraude baptisée Mediatrade.

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