L'ex-président de la Banque européenne de Développement (BERD) Jacques Attali estime que la France a déjà perdu de facto sa note triple A, compte tenu de l'écart entre les taux d'emprunt d'Etat consentis à la France et ceux, plus favorables, consentis à l'Allemagne.
L'ex-président de la Banque européenne de Développement (BERD) Jacques Attali estime que la France a déjà perdu de facto sa note triple A, compte tenu de l'écart entre les taux d'emprunt d'Etat consentis à la France et ceux, plus favorables, consentis à l'Allemagne. - Lionel Bonaventure afp.com

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Est-il déjà trop tard pour sauver le triple A français? C'est en tout cas ce que pense Jacques Attali, l'ex-président de la Banque européenne de Développement (BERD), qui estime que l'hexagone a déjà perdu de facto sa note triple A, compte tenu de l'écart entre les taux d'emprunt d'Etat consentis à la France et ceux, plus favorables, consentis à l'Allemagne.

«Ne nous faisons pas d'illusion: sur les marchés, la dette (française) n'est déjà plus AAA», déclare l'ex-conseiller du président Mitterrand au quotidien La Tribune. «Quand on regarde le taux de l'emprunt d'Etat à 10 ans (supérieur à 3%) et l'évolution du spread France-Allemagne (écart sur les emprunts d'Etat à dix ans passés de 40 à 120 points de base), la dette française correspond à une note AA», ajoute-t-il.

Le plan d'austérité, «un saupoudrage de petites mesures»

Interrogé sur le deuxième plan de rigueur présenté, lundi par le gouvernement français, Jacques Attali estime qu'il est «à l'évidence insuffisant». «Ce plan ne suffira pas, surtout si la croissance est encore plus faible que prévu, et il est peu lisible».

«C'est un saupoudrage de petites mesures qui vise à mécontenter le moins d'électeurs possibles, dans une optique électorale évidente», à six mois de la présidentielle, selon l'ex-président de la Commission pour la libération de la croissance française qui avait été mise en place par Nicolas Sarkozy.

Quant au projet de Budget 2012, il «n'est pas à la hauteur de la situation», et il ne changera «rien quant à la survie de la note AAA de la France», a-t-il ajouté.