François Hollande, sur France 2, et François Fillon, sur TF1, le 7 novembre 2011.
François Hollande, sur France 2, et François Fillon, sur TF1, le 7 novembre 2011. - AFP PHOTO/FRANCE 2/TF1

N. Be., avec Reuters

Quand un François se défend, l’autre contre-attaque. Tous deux invités du journal télévisé, de TF1 pour Fillon et de France 2 pour Hollande, le Premier ministre et le candidat PS à la présidentielle ont commenté le nouveau plan de rigueur du gouvernement en des termes logiquement bien différents, ce mardi soir.

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Sur la première chaîne, François Fillon s’est attaché à clarifier des mesures d'austérité qu’il juge «justes» et «nécessaires». Le Premier ministre a défendu ainsi un effort supplémentaire de 65 milliards d'euros d'ici 2016, dont 18,6 milliards pour la période 2012-2013, afin de tenir les objectifs de la France en matière de réduction du déficit public et de préserver sa notation souveraine malgré le ralentissement économique.

«Il n'y a pas beaucoup de gouvernements qui, à quelques mois des élections, auraient le courage de prendre les mesures que, avec le président de la République, nous avons décidé de prendre», a dit François Fillon. «Nous l'avons fait parce que nous estimons que c'est notre devoir de protéger les Français des difficultés très graves auxquelles sont confrontés beaucoup de pays européens qui n'ont pas pris à temps les décisions nécessaires», s'est-t-il justifié.

Les deux pièces maîtresses de ce deuxième plan Fillon, après celui annoncé le 24 août dernier, sont une accélération de la réforme des retraites et une hausse du taux réduit de TVA de 5,5% à 7%, dans la restauration et le bâtiment notamment. «Un taux de TVA réduit de 7%, c'est parfaitement raisonnable», a estimé François Fillon.

Hollande promet une baisse de 30% du salaire du Président

De son côté, François Hollande s’est montré plutôt offensif, qualifiant le nouveau plan d'économies du gouvernement français d'«incohérent, injuste et inconséquent» et estimant qu'il signait le «constat d'échec» de François Fillon et de Nicolas Sarkozy. «Le Premier ministre a parlé de faillite, c'est grave à la fin du mandat de Nicolas Sarkozy», a souligné le candidat du PS à la présidentielle de 2012.

«Il y a la crise, je ne la nierai pas, mais il y a aussi des recettes qui ont été perdues avec 75 milliards d'euros de cadeaux fiscaux accordés par Nicolas Sarkozy donc c'est un constat d'échec que le Premier ministre a dressé au nom du président de la République», a-t-il ajouté. Avant de préciser qu’en cas de victoire, son gouvernement engagerait une réforme fiscale de grande envergure. «(Cette réforme) elle devra favoriser la justice, c'est-à-dire que ceux qui ont plus paieront davantage», a-t-il dit.

Sur le gel du salaire du chef de l’Etat et ses ministres annoncé par François Fillon, le socialiste a enfin promis d’aller plus loin encore s’il est élu en 2012. «Si je suis élu président de la République, si je forme un gouvernement, il n'y aura non pas un gel, il y aura une baisse de 30% du salaire du président de la République et des ministres», a-t-il ainsi déclaré. A l'automne 2007, la hausse de 170% de la rémunération du chef de l'Etat avait provoqué une vive polémique. Une leçon que François Hollande a visiblement retenue.