Georges Papandréou est un chef de gouvernement aux abois. Il cherche à se maintenir –alors que plusieurs députés le lâchent et qu’il est possible que le gouvernement tombe, peut-être dès vendredi, à l’issue du vote de confiance au Parlement– et a choisi de proposer un référendum pour convaincre les parlementaires qu’il tient bon face à la crise et éviter la tenue d'élections législatives anticipées, qu’il aurait beaucoup de mal à remporter. Il tente donc d’obtenir une légitimité politique, qui ne peut venir que du peuple. Car, avec l’accord conclu jeudi, la dette publique grecque devient certes «viable», mais les contreparties à payer sont également nombreuses pour le pays, qui a déjà subi plusieurs plans d’austérité.
Pour Georges Papandréou, c’est un risque mesuré compte tenu de la période difficile qu’il vit actuellement. Cependant, pour la Grèce, le risque est encore plus grand: non seulement un «non» au référendum pourrait signifier une sortie de la zone euro, mais le fait même de mettre en place un référendum est un message négatif adressé aux partenaires européens et aux détenteurs privés de dette grecque.
Dans la nuit de mardi à mercredi, Papandréou a obtenu le vote de confiance de son gouvernement pour son référendum. Cependant, les dents grincent chez les politiques grecs. Dans le camp socialiste, deux députées ont déjà contesté la décision de Georges Papandréou, et les adversaires du Premier ministre ont dénoncé une manoeuvre politique, à l’instar de l'opposition de droite, ou un «chantage», comme l’a jugé le Parti communiste.
A l’extérieur du pays, ce n’est guère mieux: les dirigeants de l’UE à la manœuvre pour mettre en place un accord jeudi dernier -Nicolas Sarkozy et Angela Merkel en tête- mais aussi le FMI ont fait montre de leur stupéfaction et de leur inquiétude, notamment après que les bourses européennes ont chuté de 5 à 10% mardi. Steffen Seibert, le porte-parole de Merkel, a ainsi rappelé que si «l'Allemagne et la communauté internationale ressentent de la solidarité et de la responsabilité envers la Grèce, la Grèce a aussi des responsabilités envers ses partenaires européens».
La question que le Premier ministre posera aux Grecs n’est pas encore connue. Cependant, il est sûr que ce référendum portera sur l’adhésion ou non de la population au plan européen voté jeudi dernier. Si les électeurs, qui ressentent le plan d’aide européen comme une perte de souveraineté, votaient «non», la communauté internationale pourrait couper l'arrivée d'argent et le pays pourrait quitter l'euro.
Ce faisant, la Grèce pourrait dévaluer sa monnaie et redevenir compétitive, mais en contrepartie, le prix des produits importés mais aussi de la dette grecque (en euros) flamberait, et le pouvoir d'achat des Grecs s’effondrerait. Sans compter que l'agence de notation Fitch a d’ores et déjà averti qu'un vote négatif menacerait la viabilité de toute la zone euro. Cependant, les Grecs sont attachés à l’euro, et pourraient bien voter «oui» pour ne pas sortir de la communauté économique.