On l’avait appelée la prime de 1.000 euros, après l’annonce de François Baroin en avril dernier. Six mois plus tard, alors que s’achèvent ce lundi les négociations sur cette prime dans les entreprises concernées (1), ce nom risque de faire grincer des dents.
Car dans la majeure partie des entreprises, le montant de la prime versée sera bien inférieur à 1.000 euros. Si des entreprises verseront des sommes importantes, comme Hermès (1200 euros), LVMH, Sanofi ou Michelin (600 euros toutes les trois), la plupart verseront une somme plus symbolique. La palme de la plus petite prime revient à Securitas (8 euros) tandis que Capgemini, Axa, Aviva ou Groupama verseront une centaine d’euros à leur salariés.
200 euros en moyenne
Une étude menée il y a quelques semaines par le cabinet de conseil Towers Watson indiquait que le montant moyen des primes en discussion serait environ de 200 euros. Elle devrait concerner au mieux quatre millions de salariés, et non pas huit ou dix millions de salariés comme cela avait été évoqué initialement.
«In fine, compte tenu des montants versés, cette disposition aura un impact marginal et ponctuel sur le pouvoir d’achat des salariés. En revanche, elle risque de considérablement limiter la marge de manœuvre des employeurs en termes de politique salariale dans les mois qui viennent, puisqu’elle aura consommé, pour un tiers des entreprises, entre 1 et 2% de masse salariale, ce qui est très significatif lorsque l’on sait que le budget d’augmentations salariales prévu par les entreprises pour 2012 est de 2,8%», estime même Sofia Kettani, responsable de l’activité conseil en rémunérations chez Towers Watson.
(1) Cette prime sera obligatoire dans les entreprises de plus de 50 salariés ayant versé des dividendes en hausse par rapport à la moyenne des deux dernières années.