Plan social chez PSA: «Soit on bloque les frontières, soit on accepte d’acheter des bagnoles plus chères»

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Publié le 26 octobre 2011.

AUTOMOBILE – L’analyste Gaëtan Toulemonde évoque le plan social de PSA Peugeot Citroën et plus globalement la situation difficile du marché auto français…

Le nouveau plan d’économies de PSA Peugeot Citroën devrait avoir de lourdes conséquences sociales. Le groupe a annoncé ce mercredi son intention de supprimer 3 500 emplois en Europe en 2012, dans le cadre du renforcement de ses réductions de coûts. 2 500 emplois de sous-traitance devraient aussi être touchés par ce plan, soit un total de 6 000 postes en moins l'an prochain. Gaëtan Toulemonde, analyste automobile chez Deutsche Bank, revient sur la situation maussade du marché automobile français.

Pourquoi PSA veut-il faire des économies ?

Le groupe est très dépendant de ses ventes en Europe. Et il s’attend à une année 2012 difficile, ce qui n’est pas étonnant quand on regarde la situation économique. Un autre facteur les pousse à faire des économies : en Europe, on a trop d’usines. Nos capacités de production sont trop élevées par rapport à notre production réelle. On a une capacité de 23 millions de véhicules, on en produit 17 millions. Donc ils veulent réduire leurs coûts de productions.

Quels ont été les effets des bonus-malus et de la prime à la casse ?

Ces mesures ont surtout profité à la vente de petits véhicules. En France, on vend beaucoup de voitures à 10 000 euros, et pas assez de voitures à 20 ou 30 000. Comme elles coûtent 7000 euros à produire dans notre pays, les constructeurs ont du mal à s’y retrouver. En plus, il y a une guerre des prix entre constructeurs qui tirent les prix de vente vers le bas.

Le groupe prévoit d’investir 250 millions dans sa production au Brésil d’ici 2015

Il y a de la croissance là-bas, il n’y en a plus en Europe. Et les coûts de productions sont trop élevés en France. Les constructeurs  ont la tentation d’aller produire ailleurs. On a beaucoup critiqué Renault quand le groupe a délocalisé en Europe de l’Est, mais aujourd’hui, Renault s’en sort mieux que PSA. PSA a 40% de sa production basée en France et Renault 20%.

Les sites de construction en France ont-ils un avenir ?

Il va falloir faire un choix. Aujourd’hui, quand on achète un tee-shirt à 5 euros, on sait qu’il a été fabriqué en Chine. Vouloir acheter des voitures à moins de 10 000 euros et exiger qu’elles soient construites en France, ça va être compliqué. Je vois deux solutions : soit on bloque les frontières, soit on accepte d’acheter des bagnoles plus chères.

Recueilli par Gilles Wallon
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