Pourquoi l'avenir de l'euro se joue en Slovaquie

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Publié le 12 octobre 2011.

ECONOMIE - Que peut-il se passer alors que le parlement slovaque a rejeté l'accord européen sur l’élargissement du fonds de soutien ?...

Un conflit au parlement slovaque menace une réforme structurelle de la zone euro, et pourrait ruiner les tentatives de soutien aux économies grecques, irlandaises et portugaises. En quatre questions et réponses, 20Minutes vous explique cet effet papillon qui menace la zone euro.

Sur quoi porte ce vote?

Les dirigeants de la zone euro se sont mis d'accord lors d’un sommet le 21 juillet dernier pour élargir les pouvoirs du FESF, le fonds européen de soutien créé en 2010 pour financer les plans d’aide aux pays en difficulté. L’accord, qui prévoit notamment que le fonds soit doté de fonds supplémentaires (440 milliards d’euros au lieu de 250 à l'heure actuelle), et de pouvoirs supplémentaires (intervenir sur le marché secondaire de la dette publique, émettre des lignes de crédit de précaution, accorder des prêts d'urgence, ou encore prêter aux Etats de la zone euro pour recapitaliser leurs banques) doit toutefois être entériné par l’ensemble des parlements européens. Seize pays ont déjà donné leur accord, même la très réticente Finlande. Ne reste plus que la Slovaquie.

Pourquoi ça coince?

Coup de théâtre mardi soir,  le texte prévoyant la réforme du FESF a été rejetépar les parlementaires slovaques. Un petit parti de la coalition majoritaire le parti Liberté et Solidarité (SaS), dirigé par l’ultralibéral Richard Sulik, rejette ce texte. Il fait valoir que la Slovaquie est trop faible économiquement pour aider un autre pays, et que le pays n’a jamais bénéficié de la solidarité européenne. Des idées largement partagées dans le pays.

Le texte peut-il encore être voté?

Le système parlementaire slovaque permet toutefois un second vote du même texte. Le seul espoir pour les dirigeants slovaques est de convaincre le principal parti d’opposition, le Smer-SD, de voter en faveur du texte. Celui-ci s’est abstenu pour le moment, mais pourrait conditionner son accord à la démission du gouvernement ou à la tenue d’élections anticipées dans le pays. En cas d’accord, un second vote pourrait être organisé, à une date qui pourrait être jeudi.

Les dirigeants européens font fortement pression sur le pays pour qu’un second vote ait lieu. «Nous appelons tous les partis au Parlement slovaque à dépasser les considérations politiques à court terme et à utiliser la prochaine occasion pour adopter rapidement un nouvel accord », ont écrit les présidents de l'Union européenne et de la Commission européenne, Herman Van Rompuy et José Manuel Barroso, dans un communiqué conjoint. Le ministre allemand de l'Economie a lui déclaré mercredi qu'il s'attendait à ce que la Slovaquie soit consciente de ses responsabilités envers l'Europe, après le «non» du Parlement slovaque au renforcement du Fonds européen de Stabilité financière (FESF).

Que se passe-t-il si la Slovaquie rejette définitivement le texte européen?

Sans nouveau vote, ou sans majorité favorable, l’accord du 21 juillet sur le FESF serait abandonné. On en resterait alors au FESF en vigueur aujourd’hui, doté de 250 milliards d’euros, et sans «pouvoirs exceptionnels». Suffisant pour subvenir aux besoins actuels des pays déjà secourus, mais pas pour en aider d’autres en cas de scénario catastrophe. Avec le FESF dans sa version actuelle, il ne serait par ailleurs ni techniquement ni financièrement possible de recapitaliser les banques européennes. Pire, l’Union européenne montrerait à nouveau son incapacité à se mettre d’accord sur des solutions et à les mettre en œuvre. Et ce alors que dans un an les mêmes parlements nationaux devront se pencher sur un mécanisme permanent de soutien (MES), devant succéder au FESF à partir de 2013, et qui serait inscrit dans les textes européens. Mardi, les nouveaux lauréat du «prix Nobel» d’Economie assuraient qu’il n'y a pas de «questions nouvelles pour la théorie économique avec l'Europe et l'euro». En clair, au strict point de vue économique, la crise de l’euro serait facile à résoudre. «La difficulté c'est la politique», résumaient-ils. Des explications qui prennent tout leur sens ce mercredi.

 


 

Thibaut Schepman
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