A l’occasion de la semaine de l’ISR, la ministre de l’Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, livre à 20 Minutes sa recette pour le populariser…
Dans le cadre du Grenelle de l’environnement, il était prévu de mettre en place des incitatifs financiers pour développer les placements ISR. Où en est-on?
Notre principal problème, c’est l’information auprès des Français. Beaucoup d’entre eux seraient prêts à investir dans l’ISR, or leur banque ne leur en propose pas toujours spontanément ou bien ne les informe pas.
Les Français ont aussi un doute sur la réalité de ce qu’il y a derrière les placements ISR. Ils veulent être certains de ne pas être trompés. Ma première priorité, c’est donc la qualité de l’information.
Ensuite, il y a un débat aujourd’hui sur la possibilité d’avoir une ISR comme conditionnalité de certaines incitations fiscales de l’Etat à destination des épargnants (assurance-vie, PEA…). Peut-on imaginer que ces incitations soient conditionnées au fait que l’investisseur ait une part de son placement en ISR? J’y réfléchis. Cela nécessite encore des travaux complexes pour caractériser les choses que nous devons mener avec Bercy.
Qu’entendez-vous faire pour populariser l’ISR?
Les Français son prêts pour l’ISR. La question est désormais d'inciter les banquiers à mettre à la disposition de leurs clients des produits simples qui permettent aux Français de convertir leur désir d’associer rendement et prise en compte de critères environnementaux, sociaux et de bonne gouvernance. C’est la responsabilité des banques et leur intérêt dans un monde où la finance est traversée par une telle crise de sens, de proposer des produits ISR. La Banque Postale est l’un des seuls établissements financiers à mettre en avant des placements ISR auprès du très grand public. Je souhaite que les autres banques fassent de même.
L’approche de l’ISR en France est surtout fondée sur l’approche «Best in class» (On sélectionne les meilleures entreprises en fonctions des critères choisis: environnementaux, sociaux…). Doit-elle évoluer?
Notre tradition s’est faite sur le «Best in class». Mais nous ne devons pas nous interdire d’avoir des démarches qui ont cours dans les pays anglo-saxons comme l’exclusion (les entreprises sont exclues en raison de leur activité: tabac, armement… ou de certaines pratiques: travail forcé, corruption…). L’ISR doit être un lieu de débat. C’est de la finance vivante. C’est une façon de la renouveler.