La Slovaquie met en péril le sauvetage de l'euro en votant contre le Fonds

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Publié le 12 octobre 2011.

ECONOMIE - La Slovaquie a voté mardi soir contre le renforcement du Fonds de secours financier des pays de la zone euro (FESF), risquant ainsi d'aggraver la crise de la dette...

Coup de tonnerre. Les députés slovaques se sont prononcés contre le renforcement du bras armé de l'Union monétaire destiné à faire face à la crise, ce vote négatif résultant des divisions au sein de la coalition au pouvoir.

Un parti membre de la coalition gouvernementale, le mouvement Liberté et Solidarité (SaS), a en effet refusé de soutenir l'élargissement de ce Fonds FESF, privant ainsi la coalition d'une majorité pour un vote favorable au Parlement.

Estimant que les Slovaques sont trop pauvres pour payer les erreurs des autres, Richard Sulik, le chef de ce parti, s'opposait au FESF, à moins que la Slovaquie ne soit dispensée de payer son écot, une éventualité balayée par Bruxelles.

Chute du gouvernement

Le résultat de ce vote devrait conduire logiquement à la chute du gouvernement de centre-droit de Mme Iveta Radicova du parti SDKU-DS qui l'avait associé à une motion de confiance pour son cabinet.

Les dirigeants européens ont décidé le 21 juillet de doter le FESF de nouveaux pouvoirs en augmentant notamment sa capacité de prêts à 440 milliards d'euros. Une enveloppe qui pourrait servir à recapitaliser les banques européennes.

Mais pour entrer en vigueur, ces mesures devaient être entérinées par les Parlements des 17 pays de la zone euro, qui s'étaient fixé jusqu'à mi-octobre.

La Slovaquie est bien seule

Seize pays ont déjà approuvé ces modifications, la Slovaquie est le seul à refuser de le ratifier.

Bratislava avait déjà refusé de participer au premier plan d'aide à la Grèce décidé au printemps 2010.

Le renforcement du FESF représente une contribution de de 7,7 milliards d'euros pour ce petit pays, entré dans la zone euro en 2009.

Vers un nouveau vote

Face au risque de paralysie, Bratislava a évoqué la possibilité d'un deuxième vote au Parlement, dans lequel l'opposition social-démocrate (Smer-SD) pourrait soutenir le renforcement du FESF. Aucune date n'a encore été fixée pour ce vote.

Le leader de l'opposition sociale-démocrate Smer-SDn Robert Fico, ex-Premier ministre, avait prévenu qu'il s'abstiendrait lors du vote de mardi mais qu'il pourrait ensuite apporter son soutien au gouvernement lors d'un deuxième vote à condition que des élections anticipées soient organisées.

Pression

La Commission européenne avait de son côté mis la pression en indiquant «espérer fortement» un vote positif devant permettre de garantir «la stabilité de la zone euro».

L'Union monétaire n'est pas pour autant démunie. Mais elle devrait en revenir au FESF ancienne formule, doté d'une capacité de prêts inférieure et privé des nouveaux outils censés permettre d'endiguer une contagion dela crise à des pays comme l'Espagne et l'Italie.

D'ores et déjà, les décisions prises le 21 juillet sont en partie obsolètes.

D'une part, le FESF va devoir probablement être encore musclé pour démultiplier sa force de frappe afin de rassurer les marchés sur sa capacité à faire face à une éventuelle propagation de la crise à l'Italie ou l'Espagne.

Plus de pertes pour les banques

D'autre part, le chef de file des ministres des Finances de la zone euro Jean-Claude Juncker a reconnu lundi que les pertes que vont subir les banques créancières de la Grèce seront probablement plus importantes que prévu.

Mises à contribution exceptionnellement dans le cadre du second plan d'aide à la Grèce, décidé le 21 juillet, les banques s'étaient engagées à accepter à terme une dépréciation de 21% sur leur portefeuille d'obligations grecques, ceci afin de soulager Athènes, qui croule sous une dette de près de 350 milliards d'euros.

Décote de la dette grecque de 50%?

Mais ce chiffre de 21% paraît aujourd'hui dépassé. «Les discussions portent sur une décote de 50%» aujourd'hui, a indiqué une source gouvernementale européenne à l'AFP.

Si ce seuil est atteint, la Grèce s'acheminerait vers un défaut de paiement comparable à celui de l'Argentine en 2001.

Les créanciers du pays avaient dû au final accepter une décote de quelque 70% sur une dette quatre fois moins importante que celle d'Athènes.

8 milliards d'euros pour la Grèce

La Grèce a cependant arraché mardi à la troïka réunissant ses créanciers (Commission européenne, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international) la promesse du versement en novembre de 8 milliards d'euros.

Ceci lui évite une faillite immédiate et lui permet de gagner du temps dans les négociations de restructuration de sa dette à l'intérieur de la zone euro.

Les craintes pesant sur le système bancaire ont conduit les Européens à accepter de recapitaliser leurs banques. Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, fera d'ailleurs mercredi des «propositions» en ce sens qu'il présentera aux commissaires européens.

© 2011 AFP
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