« L'ANPE est parfois injustement attaquée », s'est défendu hier son directeur général, Christian Charpy, en présentant son bilan 2005. « Ses actions en direction des entreprises et des publics en difficulté ont contribué à inverser la courbe du chômage. » Plus de 3,4 millions d'offres d'emploi ont été récoltées, un record. Pour sortir du rôle de « panneau d'affichage », la présélection des candidats, le recrutement par simulation et la promotion des métiers en pénurie de main-d'oeuvre (bâtiment, restauration, etc.) ont été développés.
L'ANPE a commencé à appliquer le plan Villepin d'urgence pour l'emploi, avec les entretiens mensuels et les sanctions en cas de refus d'emploi ou de recherches insuffisantes. L'été dernier, plus de 60 000 jeunes ont été convoqués, et 60 % ont été embauchés ou envoyés en formation. Fin 2005, environ 240 000 bénéficiaires de l'allocation de solidarité spécifique ont été reçus pour être « remobilisés » et un suivi spécial a été lancé pour les jeunes diplômés des zones urbaines sensibles.
Mais la contestation monte. Après la grogne des syndicats, une conseillère a lancé un pavé dans la mare. Dans Chômage, des secrets bien gardés, publié le 30 mars, Fabienne Brutus dénonce la pression exercée sur les chômeurs pour qu'ils acceptent des postes temporaires, peu qualifiés et rémunérés, ou des stages et ateliers « occupationnels ». Déjà, fin mars, la Cour des comptes critiquait le parcours du combattant imposé aux chômeurs, de plus en plus nombreux à témoigner de leurs difficultés dans des livres.
Angeline Benoit